26 mai 2008

Blind Test in... L !

Cette fois-ci c'est sûr on lasse...
Chaque Blind rassemble moins que le précédent !
Barre trop haut, Roland garrot ?
Bah... faites savoir le why du ouaille, ok ?

Une session toute en L, c'pendant,
forte de:

LOLITA (Nelson Riddle)
(le récent audit donnait Kubrick réal favori mais le titre n'a que rarement été proposé...)
LE LIQUIDATEUR (Lalo Shifrin)
(Shirley Bassey ne disait pourtant rien d'autre !)
LIFEFORCE (Henry Mancini)
(Personne ne l'avait... mais comme Hooper n'a rien fait de propre depuis Massacre...)
LOST HIGHWAY (Rammstein)
(la voix cristalline de Till Lindemann n'a trompée personne...)
LOVE ACTUALLY (The Troggs)
(... et celle limpide de Billy Mack non plus...)
LITTLE SHOP OF HORRORS (Menken/Goodman)
(... tandis qu'on hésita parfois sur celle de Steve Martin ?!)

Un palmarès appauvri donc,
mais encore riche tout de même de:
Les Anos – SonicEric – Bidibulle: 1,5 pts (4 titres)
Dr Strangelove 1 pt (3 titres)
Tepepa 0,75 pt (2 titres)
Thiburce 0,5 pt (1 titre)

Pour la Peau d'un Flic

affiche-Pour-la-peau-d-un-flic-1981-1
COMING SOON

01vlcsnap-2268274

22 mai 2008

La Sanction (et c'est pas peu que de le dire...)

eiger_sanction

Fort loin de moi la ridicule idée de reprocher à d'autres l'usage de qualificatifs excités, d'épithètes subjectivement enflés, tandis que les lignes accumulées ici entassent quotidiennement de telles complaisances avec la même (et orgueilleusement sourde aux reproches) application (d'aucuns, fols !, poussant le bouchon jusqu'à nous déplorer l'alambiqué de la syntaxe (y'en a, j'vous jure !)...).
Cependant le micro-débat qui s'est timidement amorcé lors d'une récente note Eastwoodienne du Doc Orlof m'amène à considérer différemment, apportant de fait un savoureux bémol, les « (en)volées de bois vert » lexicalement hardies lorsqu'elles se teintent d'encombrante morale (on ne choisit ainsi pas de qualifier un film de nauséabond, de répugnant ou d'ignoble simplement parce qu'il est photographié à la va-comme-je-te-zoome !).
Ainsi en est-il pourtant dans le papier du Doc à l'occasion de deux Clinteries frappées, au détour d'une petite sentence assassine, d'un sceau férocement infamant (nous préciserons là que je ne suis pas un féru absolu du Cliniswoode et que c'est bien par pur esprit de contradiction, déchiffrant les amères lignes, que le sang m'échauffa). J'évoquerai lapidairement plus bas l'une d'entre elles (n'ayant jamais vu Le Maître de Guerre), et ce par pur prétexte, au fond, cherchant à illustrer la réaction épidermique qu'a suscité en moi l'une des autoritaires prescriptions de l'ordonnance vacharde du Doc.

Car il n'est rien de mieux que fustiger les abjects écarts moraux, les odieux défauts éthiques d'une oeuvre, d'en stigmatiser le discours salingue, d'en pointer encore, robespierrien, l'ordurerie insane pour me la rendre dés lors singulièrement attirante (pas dupe et saint-thomassien en diable, je ne me fie en effet en ces occasions toujours suspectes qu'à mes yeux et propres affects): qu'elle froisse de la sorte les susceptibilités, les moods politiques, les petits conforts d'esprit ou les opinions immaculées, a ainsi souvent le don de me la rendre sympathique (pour peu qu'elle soit bien gaulée: je n'en suis pas à louer Tir Groupé ou Légitime Violence, copies foireuses de Bronson d'autre envergure (si, si !)) ou à tout le moins curieuse...

donc merci mon bon (et trop raréfié par chez nous) Doc d'avoir attiré ma rétine sur La Sanction à laquelle je viens enfin (fort déçu toutefois par l'excessif effet de votre effarouchée condamnation (qui conserve cependant intacte votre faculté communicative, vous le noterez)).
Quatrième réal du gars Clint, fichtrement méconnue (entendez "par nous autres" !), ce thriller d'espionnage maniant les amples panoramiques (du désert US aux sommets de chez Ricola) et les punchlines les plus conventionnellement réacs* (racisme lite, sexisme de surface et franche homophobie... rien de bien méchant non plus tant tout est spectaculairement frontal), autant que les clichés du genre (volontiers abscons et/ou ultra-typés), file patiemment le personnage dirtyharryesque de l'Eastwood (même si on tentera de nous le vendre tout d'abord comme un prof d'art, amateur de toiles de maîtres (surtout Pissaro !) et refusant les avances de ses élèves, lubie apéritive aussi ironique que bigrement roublarde...) tout en préfigurant par ailleurs contextuellement la lointaine (alors) cinégénie d'actionners enneigés, et à la réussite variable, tels Cliffhanger ou Randonnée pour un Tueur...
On aura beau fouiller, gratter, ergoter... il y a loin de la coupe de l'ignoble aux lèvres de l'engoncé cinéphile !

Sérieux, honnête, consciencieux, calibré et peu ramenard, un tantinet mineur aussi (passé un remarquable scope tout de même, occasion de plans assez remarquables !), voilà ce qu'au surplus on pourra arguer. Les cris d'orfraies (on s'en doutait un brin) ne parvenant, à notre humble sens, à se justifier ici pour si peu...
Concédons alors que les coups de chaud analytiques, les rendez-vous manqués avec la tonalité d'une oeuvre n'épargnent personne... nous les premiers (il est d'ailleurs temps que nous reconsidérions Ne Réveillez Pas un Flic qui Dort qui nous avait fait autrefois monter sur nos grands chevaux benoîtement anti-fachos; la lecture depuis du texte original de Fajardie (calanché tout dernièrement) nuançant un tout petit peu l'effet atroce que nous avait fait l'adaptation du Delon-oui-oui Pinheiro) !).

D'ailleurs, à propos de nauséabond, n'avions-nous pas récemment trouvé que Les Ch'tis puaient plutôt des pieds ?

Clint Eastwood (1975)

*L'amateur se laissera cueillir par un saugrenu
"Va te faire baiser par Marlon Brando !"

18 mai 2008

Cannonball

Cannonball
On avait laissé la paire Bartel/Carradine sur la forte impression de Death Race 2000 (l'occasion pour vous de rejeter un oeil sur la semaine bagnoles, que nous avions conçue du 17 au 23 juin 2006). On les retrouve, bien paresseux, pour un titre qui ne vaudra guère plus que son patent statut de patron prêt-à-tricoter pour Hal Needham et ses inénarrables équipées BurtReynoldesques.
Les mots nous manquant, laissons le micro à d'autres, rares sur la toile cependant: eux et ces autres-là, allez !
Paul Bartel (1976)

-2

17 mai 2008

Commando

commando
Commando, serait-on tenté: comment dire ?
Cette bourrinerie jette avec force démonstration les bases du nouvel Arnold. Exit le sérieux et l'ambition décelables chez Milius ou Cameron, place au fun, au too much, aux excès de toutes espèces, au grotesque assumé... les différents niveaux de lectures étant souvent permis (même si j'entends ricaner les plus incrédulement gardiens du temple d'entre vous), singeant par exemple la sur-iconisation musculeuse (Rambo 2 sort dans le même laps, ainsi que le plus mégalo des Rocky, le IV)).
Inaugural, Commando est aussi peut-être le plus emblématique de la patte du gros gaillard à brosse impeccable et biceps fatalement toujours saillant pour les 10 ans qui suivront. Ouvertement cartoonesque (le look et le jeu halluciné de Vernon Wells (toujours pas remis de son crêteux Wez dans Mad Max 2), le réactionnaire et la stupidité abyssale des punchlines, le grotesque confondant du générique familial (avec ses images disneyo-hamiltoniennes), l'énormité hilarante de certaines séquences mobilièrement urbaines (ascenseurs ou cabines téléphoniques sont ici follement réappréhendés)... tout concourt à imposer une distance rigolarde (voire parfois potache)), la production impose ainsi sans aucun doute possible une auto-dérision authentiquement rassérénante (qu'un esprit par trop chagrin (ou pas assez genre-esque?) ne parviendra à reconnaître) désamorçant le sérieux embarrassant (voire douteux) d'autres et contemporaines machineries full loaded mochement calibrées.
L'amateur d'alors (14 ans en 85, et donc 13 l'année d'avant), le rat de vidéo-club en mal de badaboum (une fois épuisé le chapitre des return-to-nam movies), l'abonné inquiet à Impact, pourra se réjouir de retrouver en outre (et en plus du maousse Wells donc) quelques icônes de nos chers rayonnages: Rae Dawn Chong (vue chez Annaud, Spielberg et Badham) et son bazooka pris à l'envers, la petite frappe de David Patrick Kelly (48 Hrs, Dreamscape, Les Guerriers de la Nuit) et le toujours impeccable Dan Hedaya (ici un peu à la peine tout de même), fort d'une filmo culte longue comme un jour sans lunettes noires (Blood Simple, Buckaroo Banzai, Les Prédateurs... jusqu'à Mulholland Dr.).

(C'est certes typique du nerd fan de B-movies de vous vendre un film par son casting (fut-il aussi excitant) et ses défauts apparents comme autant de gages de qualités (je déteste le voir faire ailleurs !)... l'idée n'est pas non plus de vous offrir une posture à la Nanarland (un site qui à mon sens manque regrettablement sa cible par trop de roublardise et de potacherie, par trop de coups de coudes complices et pas assez de froide sincérité; permettez-nous de préférer le travail ici tortillesquement fourni)... mais cherchons-nous toujours à vous convaincre *?
Non.
Parfois on roule que pour sa gueule.)
Mark L.Lester (1985)
* il semblerait que ce ne soit pas nécessaire pour certains...

081

Blind Test in... R !

Blind Test in... R donc, puisqu'il rassemblait:


ARIZONA JUNIOR (Raising Arizona) (C.Burwell)

"BERNARD & BIANCA" (The Rescuers) (A.Butler)

ROSEMARY'S BABY (K.Komeda)

Le RUFFIAN (E.Morricone)

FENETRE SUR COUR (Rear Window) (F.Waxman)

Le RETOUR DU JEDI (J.Williams)


Pas de grand chelem cette fois-ci,

et même un palmarès assez modeste

(la lassitude vous gagne-t-elle ? l'affaire serait-elle trop ardue ?):


THIBURCE 1,5 pts (4 titres)

KRAPULAX, GATTO 1 pt (3 titres)

ANONYMES, BIDIBULLE 0,75 pt (2 titres)

STRANGELOVE 0,5 (1 titre)


(Promis, on fera plus light pour le prochain, allez !)


16 mai 2008

The House of Yes

affiche_House_of_Yes_1997_1
Petit machin hype'n'chic, taillé pour le culte, qui ne manque pas de jouer de tous les tricks borderline pour parvenir à ces charmeuses fins: fétichisme mordide (les jumeaux de l'affaire n'ont de cesse de se rejouer l'attentat de Kennedy) un temps séduisant (le générique du film est plein de promesses sans lendemain), inceste et dialogues sur le fil ténu du scabreux l'appuyant, répliques cinglantes et conversations hystériques, secret familial et squelette dans le placard, glamour et malaise à tous les étages, manipulations de concert et vidages de sac à merde... on ne sait plus si tout ceci est parodiquement too much ou si nous tenons là une version gothico-Arakkienne du Sitcom de François Ozon (on pense aussi aux premiers Boyle ou à (l'infect) Ultime Souper).
Quoique ce soit en définitive (et quelle que soit son indéterminée fonction (exceptée la sempiternelle vignette de la névrose-consanguino-familiale-pour-famille-suburbainement-chic), rien de bien solide, ni de bien durable... malgré une Geneviève Bujold*... impeccablement glaçante.
Mark S. Waters (1997)
* mais pas au point de dédire la théorie de Sonic Eric...

05vlcsnap-12147579
07vlcsnap-12305095

15 mai 2008

Les 101 Dalmatiens

1961-dalmatiens-1
Volontiers réduit à son immense et remarquable villain (la harpie gothico-anoréxico- hystérique Cruella d'Enfer) ce 17ème «classique » disneyen (mais 21ème long métrage) est avant tout un excellent métrage, oscillant entre thriller et comédie animalière, et surtout le film de toutes les premières.
Première technique tout d'abord puisqu'on s'essayera à la technologie (la Xerographie, procédé « photocopiant » allégeant singulièrement les coûts de productions (La Belle au Bois Dormant ne put à ce titre jamais être remboursé lors de sa prime exploitation) et qui sera la symbolique « crayonneuse » de la « période Reitherman »),
première philosophique ensuite, le titre, adapté d'un roman pour la jeunesse anglais (by Dodie Smith), renonçant aux contes et légendes (ce qu'avait tout de même amorcé La Belle et le Clochard) pour s'imposer en pleine contemporanéité (le 60's London, où l'on fume, où l'on boit et on se laisse biberonner à la télé (séries pour vendre des croquettes, jeux télévisés au cynisme accompli (l'hilarant What's My Crime ? !)), où rutile les automobiles à multiples cylindres,...)
et première « critique » enfin, du fait que l'Oncle Walt, occupé dans ses récents parcs pourtant, désavouera presque l'oeuvre tant ces petites révolutions lui déplaisent.
Pourtant le travail de Bill Peet (adaptant), de Ken Anderson (le designer irascible imposera ses fonds et décors qui font toute l'atmosphère du film), Marc Davis (Cruella, bien qu'inspirée de Tallulah Bankhead (physique) et Betty Lou Gerson (voix), est son exclusivement oeuvre les 76 minutes durant) est en tous points remarquable, drôle, enlevé, plastiquement saisissant, mais le relais entre l'ancienne manière et la nouvelle (symbolisée par celui que se refile lors de cette production la paire Geromini/Luske et Woolie Reitherman) passe mal pour le grand patron: il semble peu s'accommoder de la modernité ambiante, de la naïveté davantage gommée qu'autrefois (Roger est parfois sarcastique, les voyous Jasper et Horace régulièrement cyniques et noirissimes, et Cruella taillée pour le podium des meilleurs méchants de la Maison Mickey) alors que le public (même 47 ans plus tard, y'a qu'à voir notre parfait enthousiasme !) le porta tôt et durablement (il est encore à ce jour en 7ème position du box office historique français) au pinacle. Le génie perdait là sa vista légendaire...
Wolfgang Reitherman (1961)

02vlcsnap-11990308

14 mai 2008

Judas Kiss

430px-Judas_kiss_poster
N'était ce drôle de duo de flics fatigués et anti-héros au possible que constitue la savoureuse paire Thompson-Rickman (lui en parfait enquêteur loser collant les basques dans une affaire plus grosse que lui (comme au meilleur des polars 50's), elle en étrange et protéiforme agent du FBI, asexuée jusqu'au bout du coton ensanglanté dans le nez) et cette vague volonté de hisser les références de la chose au niveau des meilleurs (Jim Thompson est régulièrement (et bien artificiellement) convoqué dans les dialogues affichant par la même une certaine présomption), voilà une petite production qui se croit maligne mais n'est que bêtement opportuniste qui ne souffre que trop peu la comparaison avec les films qu'elle s'applique à singer (à savoir les early Tarantino ou les Coen 90's).
Intrigue confuse du-coup-en-or-qui-dérape-grave, anecdotes reprises dans les pages des script de True Romance ou de Reservoir Dogs dont Quentin n'aurait été pleinement satisfait, le petit film de Gutierez ne parvient pas même à se payer la vivacité poseuse des primes Guy Ritchie et se contente d'alterner les minauderies de Carla Gugino (qu'on a connu meilleure), le yoga de Gil Bellows (qu'on n'a pas, lui) et les errances froissées donc de nos deux flics ramant contre le courant, seuls instants offrant occasion de reprendre son souffle.
En d'autres circonstances, plus testostéronées, on aurait tenu là l'honnête déroulement pour un Inspecteur Harry de plus ou, francisé, pour un bon Boisset de derrière les fagots 83... nous n'avons, sur l'électrocardiogramme qu'un signal... plat. Coloré mais plat.
Sebastian Gutierez (1997)

04vlcsnap-9787033

13 mai 2008

Benjamin Gates et le Livre des Secrets

benjiega7239
Evoquant bien plus Tomb Raider (pour la laideur et la stupidité (Angelina/Nicolas même combat !)) ou le Da Vinci Code (pour la vaine et gratuite indigence des énigmes doublées d'un franc enclin à l'ennui) que les trépidantes aventures d’Indy, en fussent-elles encore (de peu !) à leur troisième et si paternelle livraison (Voigt ne vaut ici pas Connery là!), ce deuxième opus Disneyen des pénibles et révisionnistes « aventures » de Benjamin Gates (un « héros » qui ferait passer Allan Quatermain pour au moins Ulysse) n’a en effet de cesse de surprendre le spectateur par l’étrange pugnacité de la licence hégémonique à vouloir ramener le moindre fantasme patrimonial sur le sol US (après le Trésor des Templiers dans le #1, les Cités d'Or (d'Esteban, Zia et Tao ?) sont ici planquées sous le Mont Rushmore !) avec la complicité la plus parfaitement désolante d'acteurs valant habituellement mieux que ça (Ed Harris, Helen Mirren ou le bigrement paresseux et peu regardant Harvey Keitel)...
Le tout est en outre stupidement alambiqué, outrageusement mollasson et mis en boîte avec le plus total non-goût, rappelant à ce propos (allez savoir pourquoi ? l'épisode londonien peut-être...) le bien vilain 4 Fantastiques et le Surfeur d'Argent.
En un mot: à fuir (les plus hardis algèbreux d'entre vous s'irriteront fissa à constater que ça fait deux... ça tombe bien les plus souples des alter-cinéphiles viennent de se tirer sur les épis pour trouver quoi dire de cette pathétique Cagerie (une de plus, Nicolas ?!)...)
John Turtletaub (2007)

01vlcsnap-9799379

09 mai 2008

Sueurs Froides

vertigo
Pour la blague anniversaire (50 ans today !),
comme me la souffla si judicieusement Vincent, ICI.
Chronique à venir...
Soon bien sûr...

(ne stressez plus, n'annulez plus vos barbecues:
pas de jeu ce week-end, reprise lundi soir)


01vlcsnap-5153433

08 mai 2008

Le Train

afftrainp11939
COMING SOON

01vlcsnap-6154080

07 mai 2008

Avec Django, La Mort Est Là

affiche-Avec-Django-la-mort-est-la-Joko-invoca-Dio-e-muori-1968-1
On a parfois tôt fait de louer le gothique-à-tout-coup, le baroque indiscutable des westerns de Margheriti.
Car si ces allégations se prêtent assez volontiers à son remarquable Et le Vent Apporta la Violence (avec Kinski, en 70), ce plus faiblard Joko Invoca Dio... E Muori n'offre que d'éparses fulgurances du style promis (principalement à l'occasion d'un écartèlement inaugural - assez saisissant-, d'une inédite torture oculo-solaire et d'un final gentiment surréaliste et plus modestement halluciné que prétendu dans la légende), même si tout au long du métrage d'assez beaux mouvements d'appareils offrent des perspectives graphiques assez inhabituelles (plus amples que les close up leonesques à tout le moins !). Rien toutefois ne parvenant à gommer l'indigence du scenario (mais on s'en tape !), des dialogues (parfois risibles hélas !) mais surtout de l'interprétation de ce mérou vivant (?) de Richard Harrison, régulièrement comique à force de nullité (l'acmé est atteinte lors de la scène -pourtant fichtrement bien découpée !- du « duel à la bière », tandis que le pauvre bougre tente d'imiter un quasi-aveugle avec un aplomb digne des meilleures performances de Michel Leeb).
La présence dans le casting du cabotineux (et prochainement suicidé) Claudio Camaso use en outre un brin les patiences tant le bougre s'embourbe dans une performance singeant par trop le romantisme sadique et trouble d'un Gian Maria Volonte (et pour cause c'est son frangin !), tandis qu' on ne cesse de déplorer que la dimension fantastique de l'affaire promise ne fasse pas le poids d'un Tire Encore si Tu Peux ni n'atteigne jamais le niveau masochiste de productions telle Keoma, par exemple.
Antonio Margheriti (1968)

24vlcsnap-3427200

23vlcsnap-3428199

06 mai 2008

Engrenages

affengrenagesA0008691
Mamet et moi, longue histoire.
Je ne me souviens plus vraiment du film (soyons un peu honnête !) mais de la colère que m'avait par exemple occasionné La Prisonnière Espagnole (le Mad Dog and Glory de Steve Martin, non ?), d'un niveau équivalent à l'ire suscitée par le Game de Fincher. Ces films à chausses-trappes scénaristiques, ces machins trop artificiellement smart & clever, ces machineries à machinations voulues brillantes et toujours vaines (et vaniteuses), et qui feraient passer Usual Suspects pour un épisode de Plus Belle la Vie, quelle purge allons !
Toutefois ce Houses of Games ne manque curieusement pas de charme. Oh, il sera difficile à deviner les 15 premières minutes durant tant la photo, les gardes-robes et les brushings n'ont tragiquement pas passé le cap de 1987 pas plus que ne parvient à imposer le moindre charisme la triste Lyndsay Crouse... mais à la longue - et le charme de Joe Mantegna opérant, lui - la bricole gagne des cieux (mesurés) insoupçonnés à l'avance. Est-ce la dimension finalement vite ludique, sont-ce les vertiges psychanalytiques ? Nous ne nous embarrasserons pas à décortiquer plus avant et tâcherons pour cette fois de prendre le plaisir raisonnablement permis à ces poupées russes arnaquantes (autant le personnage principal que le public), même si toute l'affaire n'est que fumeux de machine à écrire et manœuvres gratuites d'à-malin-malin-et-demi. Car si le procédé gâchait les 20 dernières minutes de Sexcrimes et fusille dans l'œuf le moindre embryon de bonne idée, il prend ici des allures quasi-sociologiques, la patine late-80's aidant... et on saura, pour cette fois, s'en contenter, allez !
David Mamet (1987)
21vlcsnap-2740508

05 mai 2008

A Tout de Suite

affatoutdesuite18399526_w434_h_q80
En approchant autant les manières du film noir US traditionnel (mid-fifties, quoi) que la démarche (ici vainement esthétisante) de la Nouvelle Vague française (les premiers Truffaut et Godard relisaient ce même polar en lui apportant une poésie et une ironie tragique toute post-moderne), le film de Benoît Jacquot, sorte de redite RobertoSuccesque pour Isild LeBesco, atteint trop vite les limites de son dispositif (l'usage d'archives citadines d'époque le trahissant d'ailleurs spectaculairement) et plus promptement encore le coeur de ses motivations (assez peu contagieuses): filmer sa créature sous tous les angles, plein cadre, les coutures les unes après les autres, à la limite de l'obscène.
En narrant ce fait div' 70's (une jeune bourgeoise haussmanniene amourachée d'un bellissime bad guy marocain le suit dans sa cavale méditerranéenne après un hold up sanglant), et en faisant de l'ellipse un système pour ne tendre que vers l'essence (et entretenir un point de vue unique et réduit à l'extrême) de son sujet, le réalisateur nous entraîne avec application dans sa propre fantasmatique (se posant en Humbert Humbert face à la lolitesque Isild), trop exclusive pour qu'on ne soit pas frappé d'abord d'hébétude puis de franc ennui (surtout lorsque la môme LeBesco vous est parfaitement indifférente – notre cas (le soufflé est retombé depuis La Puce !)).
D'autres avis, à peine divergents chez FilmdeCulte ou chez Nightswimming.
Benoît Jacquot (2004)

20-18720117_w434_h_q80

04 mai 2008

Samson

1936_Samson
Moi, Harry Baur, j'l'aime bien.
Sans être pourtant particulièrement friand des natures, des gueules de trop d'envergure (celles taillées pour le JeanValjeanisme), des types comme l'Harry ou le Jules Berry, je signe les yeux fermés. Densité, voix, rythme, placement physique... charisme quoi ! Est-ce à voir avec ce chef d'oeuvre d'enfance qu'est resté pour moi L'Assassinat du Père Noël de Christian-Jaques ? Allez savoir...
Je n'avais pas vu Samson depuis une sacrée paye et le titre n'a pas perdu un point à la Bourse cinéphile. Le portrait d'une bourgeoisie cupide et/ou décadente, les moeurs dilettantes et l'amertume ambiante (Gaby Morlay en épouse aigrement résignée !) en font, sur cet aplat de spéculation naissante et fiévreuse, théâtre moderne de turpitudes digne des plus misanthropes Balzac, des Simenon les plus désenchantés, un petit bijou de (romantisme) noir digne des meilleurs Allégret (Yves !), pas moins.
Il faudra au passage reconnaître à Tourneur (Maurice !) un retour au bercail français (après 14 ans de carrière américaine) de très haute tenue, avec l'Harry (Volpone) ou sans (la perle fantastique La Main du Diable*, autre claque d'enfance cinéphile pour nous autres !).
Y'a du Sang à la Tête là-dedans (la haute parisienne remplaçant la pêchante plèbe rochelaise !)autant que du Ces Messieurs de la Santé (autres natures bigger than life que le miné-ral Gabin et que le gros Raimu !), de l'action qui rend méchamment ! Moi je vous le dis, même à 3000: achetez !
Maurice Tourneur (1936)
* ce soir au Cinéma de Minuit de France 3

16

02 mai 2008

Bad Boys

badboys12405
C'est par le double truchement d'une partie de The Warrriors (adapté du film culte de Walter Hill) sur PS2 (qui nous encouragea à nous envoyer un « film de gangs » (qui s'avérera plutôt une production carcérale...)) et du désir de porter à l'attention de tous l'hommage (par nous partagé) rendu chez Sonic Eric à la girlnextdoorissime Ally Sheedy, que nous en sommes venus à nous asseoir 1h44 durant (20 minutes de plus dans la version UK/US, allez savoir !) devant Bad Boys.
Premier rôle pour l'Ally voui (mais aussi du très fréquentable, de Ferris Bueller à Spin City, Alan Ruck) et premier premier pour Penn (préféré à Cruise ou Bacon, le jeune homme y va déjà méchamment dans Stanislovkisme puisqu'il demande au casting de l'appeler du nom de son perso, même hors prise (ou de se faire vraiment cracher dessus dans une scène clé) et se pétera une cheville lors d'une escaperie), ce titre à modestes tiroirs (plusieurs contextes et sous-intrigues enrichissent un poil le bête film de zonzon) est aussi l'occasion de voir débuter encore le maousse (et bigrement permanenté) Clancy Brown, récemment vanté chez nous autres. Ce type de production à meutes (on pense ainsi à Outsiders ou Taps) étant en effet souvent l'occasion alors de pied à l'étrier à une génération d'acteurs, à un pack, qu'il soit brat ou autre.
Au-delà de ces particularismes non diégétiques, le présent métrage s'avère assez balisé, voire calibré, sans regorger non plus de grandes finesses ni de fortes articulations et ne tarde pas, après une mise en place un peu plus prenante (insécurité made in Chicago, Illimois), à ronronner « tranquillement » dans son genre, égrenant gentiment les poncifs (révoltes en réfectoires, humiliations en latrines, viols en chambrée, petit génie en partner- caution comico-sympathique, ...) et se tirant jusqu'à un final-climax attendu et sans surprise.
Pour une bonne gorgée de malaise urbain il faudra plutôt se replonger dans le Class 1984 de Mark Lester ou dans Les Seigneurs (de Philip Kaufman), haut faits de feel bad movies gangesques...
Rick Rosenthal (1983)

21vlcsnap-901206

01 mai 2008

REC

recposter18914006_w434_h_q80
C'est avec une bien mauvaise grâce qu'il y a quelques temps de cela je mettais en amère lumière le fait que, même en blogosphère, tous et toutes parlaient de la même chose en même temps, ivres de leur impatience et de leur souci d'exclusivité (le dernier Coen alors), faisant de l'alter-culture permise par les blogs le même rouleau-compresseur à-une-seule-idée-à-la-fois que les presses officielles. C'est avec une morgue pleine, oui, puisqu'aujourd'hui je cède aux mêmes sirènes (pas un blog de genre n'y échappe ou presque) en décidant de vous entretenir, trépignant, du mégabuzzé et hypie-espingouin REC.
On vous a sans doute déjà tout dit ou presque sur le sujet, la fin mise à part (histoire de ne pas spoiler), et quand bien même ? l'intérêt du film n'étant pas ni le pourquoi ni le comment, mais sous quelle forme rendre la chose contemporaine, terriblement immersive et rigoureusement terrifiante. Que dire de neuf, que dire de différent dés lors que les louanges hyperventilées ou les bémols paresseux et de mauvaise humeur ont partout été déjà lus ?
En vrac:
Que le recours au Projet Blair Witch pour définir REC est un raccourci étroit, abusif et à la bien faible pertinence (si le premier interrogeait la grammaire technique même du cinéma d'horreur (la métaphore du hors-champ: "si t'es pas dans le cadre, si tu n'es pas dans la lumière, t'es mort !") le second, fatalement post-moderne (car post-9/11), prend acte non pas tant de la foultitude des nouvelles images (comme le fait davantage Cloverfield), mais de la logique et de la notion de télé-réalité (même si le matériau ici n'est pas « monté » comme prêt à l'antenne, ce qui aurait été plus intéressant encore (mais moins réaliste et sans doute moins cinégénique)).
Qu'assurément flippant et intègre, le film cède cependant une ou deux fois à des complaisances scénaristiques un poil deus ex machinesque (pour ne rien dévoiler, nous dirons que certaines situations ont une soudaineté bien factice, risible en d'autres circonstances si notre cerveau était disponible pour autre chose qu'une angoisse hystérique), lorsque par ailleurs la répétition désordonnée de certains gestes assoient eux à l'inverse une vraisemblance assez compacte (que d'aucuns ont décrié comme laborieuse alors que les codes de la télé-réalité repose précisément sur la notion de perpétuelle répétition).
Que les auteurs parviennent effectivement (et on s'en tiendra là pour cette fois), à force de rigueur plus que de roublardise, à justifier (comme le soulignait Krapulax il y a peu) la forme radicale de leur objet, lui faisant dépasser son simple statut de fichue bonne idée plastique, de gimmick à la mode, même si c'est pour emmener l'affaire vers un final trop classiquement ambitieux (rappelant toutefois les meilleurs magnétophones d'Evil Dead, alors que nous avions été jusque là en face d'un décapant C'Est Arrivé Près de Chez Vous meets Dawn of the Dead. Et à propos de Romero, son Diary of the Dead à venir est lui aussi un film de zombies en real-TV !).
Jaume Balaguero & Paco Plaza (2007)

18vlcsnap-274020

17vlcsnap-14249894

30 avril 2008

Après Vous...

affapresvous
COMING SOON

15-18365881

29 avril 2008

New York, New York

New York New York poster
Nous angoissons à la seule idée mais il faudra bien se résoudre à l'aveu: diable que nous avons été déçus par New York New York ! La faute nous en incombera certainement, venant y chercher ce qui ne s'y trouvait pas: une sorte de Manhattan, de West Side Story jazzy, où les pulsations de la ville se ressentent à chaque seconde du métrage. Car il n'en est rien. Le réalisateur, campé sur des choix absolument défendables (et finalement courageux), ne filmera par exemple et pour ainsi dire jamais la Big Apple. Pis et mieux: il réservera ses vastes panoramiques seront exclusivement aux foules, aux espaces clos (les clubs principalement). Times Square est noyée sous la foule fêtant l'Armistice nous dit-on ? Il faudra le croire car, contrairement aux fameux plans de Strange Days, nous ne le verrons pas vraiment: New York ne semble être qu'un trottoir au pied des boîtes, où garer sa tire et s'engueuler avec les autres chauffeurs ! Le marche-pied aux carrières plus ou moins heureuses, pus ou moins faciles. Pas moins (mais surtout regrettablement pas plus !).
Le temps de se reprendre malgré le désappointement urbain qui nous assaille et on pourra encore (nous ne sommes plus de frais spectateurs incapable d'une remise en cause au cours d'un visionnage !) apprécier le film ? Difficile aux vues des loghorrées tantôt colériques, tantôt romantiques du tempétueux de Niro (un poil sur-actant, si, si !), revenant régulièrement deux bonnes heures durant et usant (malgré la drôlerie ou l'embarrassante véracité de certaines situations) nos patiences visiblement plus vite que celle de Liza Minnelli !
On applaudira cependant aux décors souvent renversants, aux numéros les plus Broadway de l'affaire (le segment musichallesque (façon Kelly/Donen) Happy Endings, d'abord coupé au montage ?!, offre au film une conclusion sauvant bien des meubles !) telle cette remarquable et magnifique séquence (sans musique !) au cours de laquelle De Niro observe un couple dansant silencieusement sur un quai de métro irréel, et aux options artistiques parfois aussi déroutantes que charmantes (des silhouettes et des plans en ombres chinoises du plus bel effet)... mais le tout s'avère bien long, bien répétitif, parfois même authentiquement désagréable et on se dit que, peut-être, l'autre grande contribution démystificatrice du show-bizz broadwo-stageux, A Star is Born (avec la maman de Liza) vaut-il peut-être mieux, dans le genre ? Et que pour se bouffer du musical in NY, un bon Wise des familles nous remboursera bien, nan ?
On tachera de voir ça prochainement.
Martin Scorsese (1977)

vlcsnap-15392953

vlcsnap-15381529

13vlcsnap-13503169

28 avril 2008

Paranoid Park

AffParanoid
COMING SOON

111vlcsnap-9825436

27 avril 2008

A Bord du Darjeeling Limited

affdarj18893322-1
Après la maison Tennenbaum (et son récit façon La Vie Mode d'Emploi de Perec), le bateau de Steven Zissou (souvenez-nous ces superbes plans de coupes du Belafonte !), voici les wagons du Darjeeling comme véhicule de récit, comme forme plastique écrin d'une forme narrative propre au gars Wes (les vignettes, les saynètes sont autant de compartiments dans autant de wagons) lancés sur les rails indiens pour un road-movie - plus thérapeutique (travail de deuil, reconstruction fraternelle pour Pieds Nickelés post-modernes) qu'exclusivement initiatique - qui n'est d'ailleurs pas sans évoquer un moment le plus urbain Lost in Translation de Sofia Coppola.
Comme à l'habitude, on pourra, avec ce nouvel effort Andersonien, évoquer le burlesque mélancolique de l'affaire (une sorte de spleen bobo ?), son charme indiscutable, son iconoclasterie hype si poussée qu'elle ne permet que rarement (est-ce cependant viscéralement nécessaire ?) la franche profondeur (quelques bonnes et vraies questions sont tout de même posées sur la fratrie tandis que la séquence de la mort du petit indien n'est pas aussi inoffensive que d'aucuns le suspectent), et le parfait du casting (même si Owen Wilson commence à un peu trop tenir sa recette et Schartzman se confirmer comme un acteur décidément non-physique, Adrien Brody se poser film après film en un authentique « grand »)... mais sans faire l'économie non plus de souligner dans un même élan safrané la subtilité de la narration (tout à fait d'accord avec Quentin, dans les coms de la note du souvent contagieux et parfois clairvoyant Doc Orlof !), la précision de la direction artistique et les grandes, très grandes, qualités de filmage.
Et des habitudes comme celles-là, on ne saurait franchement s'en passer, si ?
Wes Anderson (2008)
11vlcsnap-9046132

25 avril 2008

Delta Force

Delta force
COMING SOON

13vlcsnap-11485398

24 avril 2008

Inferno

affiche_Inferno_1979_1
Cauchemar des esprits cartésiens et hantise des amateurs de naturalisme, le cinéma de Dario Argento atteignit en février 80 son comble baroque à l'occasion du deuxième volet de sa trilogie (prochainement achevée) des Mères, authentique et sanglant ballet macabre, sur-esthétisant et véritable expérience sensitive (pupilles et tympans dégustent !) - le cinéphile romain n'ayant d'yeux que pour Le Voleur de Bicyclette dut ainsi multiplier les bains au DacryoSérum pour espérer revoir un jour autrement que tout en rose et bleu.
Poussant ainsi la manière de Mario Bava à un extrême insoupçonnable, s'affranchissant un temps des règles scénaristiques jouissivement fumeuses du giallo (le film est, tel l'indépassable Suspiria, catégoriquement fantastique) et se laissant aller au plus parfait too much made in Italy (la complaisance de ses exécutions vaut bien la taille des bonnet emballant le nibard Fellinien), le réalisateur bizarrement coiffé se paye à grands frais (ce film le tourmentera durablement avant qu'Opera ne le remplace dans ses névroses créatrices) une virée tourbillonnante en décadence esthétique, en orgie sadiquement surréaliste, avec toutes les outrances permises par l'héritage latin (les différents modus homicides, fort variés, n'offrent ainsi pas un vain catalogue à la slasher (Vendredi 13 en tête), mais une possibilité de gammes, une palette infinie de sensations et de sadismes, culturellement propre aux empires déchus (l'équivalent du gunfight américain)).
Sans doute à la fois le plus fameux (et le moins vu !) de la légendaire époque de l'Asia's daddy, l'absolu classique Inferno ne joue cependant, plus que tout autre, que sur une dimension purement plastique, grandie par un érotisme moins frontal (bourrin ?) qu'à l'accoutumée (Daria Nicollodi n'a jamais été plus sexy qu'ici (pour le remake, songez, producteurs, à Tania Bruna-Rosso !)), le limpide de son script faisant passer la moindre nouvelle de Lovecraft (ou la moindre chapitre d'Ira Levin) pour de l'Alphonse Daudet. Et constituerait ainsi, le pendant surréaliste et coloré du putrescent poème morbide de Lucio Fulci, L'Au-Delà ?
Dario Argento (1980)

08vlcsnap-9093214

23 avril 2008

Juno

affjuno-poster2-big
La dernière petite sensation indie, quelque part entre la (fort bonne) série Daria, les comics de Daniel Clowes (Ghost World, etc.), American Beauty et, d'une certaine manière, Donnie Darko (même quête de crédibilité sundancienne pour vedettes de téloche (Noah Wyle dans le Kelly, Jennifer Garner et Jason Bateman ici), rassemble consciencieusement, à bien y regarder, tout pour nous plaire. BO (Belle & Sebastian, Moldy Peaches, Kinks, Velvet) de goût et pygmalionnisme communicatif (HG Lewis, le tribute aux Carpenters) en tête.
Cependant bien que soit tentant à tout rompre de battre des mains, un détail tracassera notre enthousiasme (outre le patent que l'affaire est bien une vision de trentenaire en mal de high school, d'émotions liées à cette période, et non une franche et honnête radiographie teenageuse), alors qu'il est largement loué ailleurs: la performance d'Ellen Page. Pas suffisamment (peut-être ?) stigmatisée dans le roublard Hard Candy (elle persiste d'ailleurs encore ici à évoluer tel un petit chaperon rouge hardcore !), la jeune actrice a la fâcheuse tendance d'appuyer la moindre de ses répliques, de suractinguer le moindre regard, le plus petit geste, alors que le registre ne l'impose pas nécessairement. Son charme opère assurément mais les intentions sont par trop lisibles, regrettablement appuyées (on ne doute cependant pas de l'effet galvanisateur de l'enclin !), d'autant que depuis l'Allyson Reynolds du Breakfast Club de John Hugues, ce type de rôle est assez balisé (l'ado borderline, la fausse freakos), quand bien même est-elle ici plus subtile et contemporaine que bon nombre de ses aînées.
Une place de choix lui sera cependant réservée, au nom de sa cohérence, de son charme, de sa fréquente finesse et de sa rigueur (la fin n'est par exemple pas plantée !) dans les films de l'année (grosse année d'ailleurs !) et dans la depuis toujours séduisante scène que constitue le rassemblement de titres tels Virgin Suicide, Thirteen, Knocked Up, Rushmore, Bienvenue dans l'Age Ingrat, Slums of Beverly Hills, certains Linklater et quelques prods Hugues (donc) ainsi que les titres cités plus haut: le coming-of-age.
Jason Reitman* (2007)

* Fils d'Ivan, réal de Ghostbusters,
producteur de primes Cronenbreg et Landis,
avant de sombrer.

Gageons que le rejeton (bien engagé,
de Thank You for Smoking à The Office US)

garde un meilleur cap !
07vlcsnap-8976736

22 avril 2008

Bienvenue Chez les Ch'tis

affichtis
Il est intéressant que notre bon Chat (qu'en est-il ne notre bon Rat, dés lors ?) et Davnat aient d'abord cru reconnaître dans la photo malicieusement soumise aux joueurs un film de Bruno Dumont.
Car là tient tout ce que l'on pourra reprocher au phénomène Boonesque, et ce n'est pas une paille: ne pas faire confiance à ses gens du nord si aimés, si parfaitement l'écho à la chanson de Macias et les remplacer par une poignée d'acteurs professionnels les campant (et les singeant littéralement), tous plus mauvais les uns que les autres.
Quoi penser en entendant la vieille Renaud dire le ch'ti comme l'aurait fait Arletty (et jouer aussi subtilement que dans Les Ripoux !), comment ne pas vouloir gifler l'Emma De Caunes du pauvre que s'avère être la pauvresse Anne Marvin tandis qu'elle ne pense à grossir ridiculement son trait qu'une ligne sur quatre (les filles sont vraiment en dessous, dans le casting !) ?
Pourquoi Patrick Bosso fait-il le flic marseillais et qu'aucun gars du fameux chNord ne tient ensuite un personnage conséquent ? Juste bons que pour la figu, les ch'tis tant vantés (les prix cannois de Dumont justement laissaient entendre le contraire, nan ?) ?
Un problème de réalisme évident donc, qui désamorce le métrage scène après scène, épaissi par une enfilade de clichés et de cartes postales plus paresseuses que gourmandes (le maroilles, la fricadelle), ne saisissant jamais l'essence de ce Paca du Nord - pour lequel on devrait « braire deux fois » - et n'en retenir qu'une guirlande outrée de lieux communs fatigués et -gants.
Certes, la garde baissée, on rira de facteurs fin saouls (on n'est pas des monstres de sérieux compassé non plus !) et notre rire viendra ainsi grossir le torrent général des éclats collectifs (et mystérieusement) nationaux... mais l'affaire est flagrante: la malhonnêteté et le traître calcul semblent régner aux commandes même du projet, de l'hommage-bidon aux "Bossus de l'Hexagone" (pénibles séquences didactiquement carillonnantes soulignant le romantique parallèle).
Mais si les (vrais) ch'tis sont trop mauvais pour s'incarner eux-même, ils sont sans doute suffisamment bons pour se payer un ticket de cinoche (et pleurer devant les banderoles ?). Et, heureusement ?, les français (qu'on oppose pour un oui électoral ou un non mercantile) sont décidément trop cons pour réfléchir une seconde à ce que massivement on leur fait gober.
La Grande Vadrouille est dépassée ? La comédie populaire intelligente, elle, a carrément disparu !
Dany Boon (2008)

05vlcsnap-8532286