SILENCE RADIO
(pour une petite quinzaine)
Marshall (Dog Soldiers, The Descent) avait visiblement une telle soif d'hommages qu'un simple remake ne pouvait le satisfaire – comme JF Richet et son Assaut sur le Central 13, d'honnête mémoire (n'en déplaise à Krap' !). Il lui fallait une trame lui permettant de saluer et clindoeiller un à un et tour à tour (au risque d'une audacieuse (ridicule ?) cohabitation de genres).

LA LOI DU MILIEU – Dimanche 28 – France 3 1h20
DIEU PARDONNE... MOI PAS ! – Jeudi 2 Juillet – W9 20h35
POUR 100 BRIQUES T'AS PLUS RIEN – Jeudi 2 juillet – France 3 23h05
IL ETAIT UNE FOIS... SAILOR ET LULA – Vendredi 3 Juillet – France 5 20h35
Certains pourront encore observer le charismatique Pat Dewaere se frotter au pamphlet/poil-à-faire-se-gratter-la-République façon Boisset (Le Juge Fayard, dit le « Shérif », mardi 20h40, sur Direct 8), posture actante qu'il complétera cinq ans plus tard avec les Mille Milliards de $ d'Henri Verneuil, tandis que le prime 007 wiz Rodjeurmoure brillera surtout à nos oreilles, grâce à la BO de George Martin, faisant là jeu égal avec celles de Barry (Vivre et Laisser Mourir, jeudi 20h35 sur France 3). Martin Ritt enfin, s'essayant au western (d'après Elmore Leonard tout d'même) et faisant de Paul Newman un Hombre plutôt réputé, il nous (vous ?) faudra si possible le découvrir (à moins que les pros évoqués plus haut nous en découragent ?) !
Dans sa chronique lors de la sortie ciné, Vincent Avenel de Critikat.com pointait* que Volt était "un peu le croisement entre The Truman Show et Les Indestructibles – les recettes qui ont fait le charme de ce dernier film étant d’ailleurs pleinement utilisées. Ton cartoonesque, univers visuel stylisé très proche du film de Brad Bird… Mais n’est pas Pixar qui veut. De prime abord, les personnages sont bien écrits, prometteurs : le super-chien qui ignore qu’il n’a aucun pouvoir, la chatte des rues qui s’est construit une mafia de pigeons basée sur le deal « tu me nourris / je ne te mange pas », le hamster hyperactif téléphage… Mais là où Pixar parvient toujours à insuffler une humanité étonnante à ses protagonistes, Disney retombe vite dans la caricature. Volt devra comprendre qu’il est bon d’être normal, et pas seulement d’être un super chien ; la chatte Mittens va avouer que tout ce qui la tente, c’est la vie normale d’un chat domestiqué ; quant à Rhino le hamster, son côté absurde laissera bien vite place à une exaltation des valeurs de la famille et de l’amitié…".
Tandis qu'on milleniumise à fond les ballons, qu'on toualaïte à peine moins, il est un grand petit film qui fait s'embrasser une scandinavitude à nulle autre pareille et une relecture toute contemporaine du mythe vampire qu'on semble avoir déjà oublié cinq mois après sa sortie française (déjà en retard d'un an sur le reste du monde !). Pire: vous ignoriez son existence, personne ne vous ayant vendu et revendu l'affaire, ni la liste des best-sellers de L'Express (d'ailleurs pas un éditeur français n'a cru bon de traduire Lindqvist !) ni le Top Three de Canal +, trop occupés à vous parler de ce que vous connaissez déjà ou devrez connaître à force de matraquage...


Ainsi, à dix ans d'écart, Geneviève Bujold devait donc se trouver mêlée à deux cauchemars chirurgicaux...
Difficile de saisir pourquoi les distributeurs français tardèrent tant (3 ans presque !) à proposer la nouvelle et anxiogène techno-réflexion de Michael Crichton, authentique chaînon manquant entre les grands spectacles paranoïaques 70's (type Soleil Vert ou Rollerball), le fétichisme 80's de quelques esprits bienheureusement tordus (façon dePalma ou Cronenberg, qu'il préfigure presque (au moins Dead Zone et Videodrome)) et la prise de pouls techno-contemporaine (genre Tron). Ainsi après son parc d'attraction cybernétique décadent (in Mondwest), l'auteur se penche sur le cas de la publicité et de la propagande qu'il nourrit ici de subliminal et d'hypnose, qu'il soutient par l'imagerie de synthèse naissante et manipulatrice, et qu'il dénonce avec un certain sens visuel (l'ouverture du film et le tunnel explicatif central sont assez grisant plastiquement).
Ou comment, 67 ans après Blanche Neige, l'aventure du dessin animé en 2D made in Disney, sortit par la petite porte... Engrangeant en France six fois moins que (le pourtant faiblard) Frère des Ours et seize fois moins que Nemo, ce titre hybride, plastiquement et philosophiquement paumé (en rupture avec l'ambition de prods telles La Planète au Trésor ou Atlantide, définitivement plus en prise avec les grandes heures 89-98 (la décennie du réveil après la traversée du désert des 80's), la Maison Mickey tente de recoller à l'honorable mood en cours chez Kuzco (pompant sévère les cartoons hystéros et post-modernes de Chuck Jones et Tex Avery)) lorgne tous azimuts, post-modernisant un max façon Shrek, hystérisant sans cesse à la mode Age de Glace et surmultipliant les pastiches spaghettis brodés de références ouésterneuses. Outre ce confus positionnement, l'affaire ne brille ni par sa partition (Menken dans un mauvais jour) ni par son rythme hasardeux. Seuls les fondamentaux disneyens font tenir la baraque un tant soit peu debout: vilain de légende (le yodler rouquemoute Alameda Slim que campe en VO le souvent impayable Randy Quaid) et sous-fifres drôlement incompétents (les frères Trouillards), seconds couteaux efficaces (Jeb le bouc, Buck le ch'val et Wesley, vil équivalent du fumier cocher de Pinocchio (tenu par le culte Steve Buscemi))... et épars moments de bravoure (générique, bagarre au saloon, poursuite dans la mine)...
C'est au tour de l'enthousiaste Sonic Eric de se plier à l'exercice de la critique chez autrui. Après Coolbeans, Vincent, Krapulax et Tepepa, le voici qui nous entretient succinctement de Sideways, tandis qu'il sortait tout juste d'une salle rochelaise. Le texte n'a pas été corrigé ni nuancé depuis, pourtant l'auteur semble avoir un peu bougé en regard de la production. Hélas il n'a pas eu le temps ou le courage de réévaluer l'affaire, la suspectant cependant supérieure à son avis à chaud... Louons d'un même élan dés lors son honnêteté et le risque approximatif encouru, mes frères...
Gravement infusé de l'Erskine Caldwell de La Route au Tabac (pousser jusqu'à Faulkner, ça serait un peu too much !), même si l'affaire tourne à la parodie absurde façon Charles Williams (Fantasia chez les Ploucs), cette ambitieuse allégeance au film de genre à la ricaine ne manque pas - hélas ! - de tôt louper son coche (grief applicable à d'autres Boisset, tel Le Prix du Danger !).
Sans doute certains d'entre vous vont-ils s'étrangler avec leur cuillerée (en bois) de fayots mais je n'avais jamais vu Les Professionnels jusqu'à aujourd'hui.
Malgré un nom qu'on imaginerait bien sur une palanquée de 33T d'accordéon pour baloche bien 70's, André Previn (né Andreas Ludwig Priwin) est en réalité un compositeur juif allemand ayant fui le Reich pour composer quelques partoches pas toc, telles La Belle de Moscou ou Beau Fixe sur New York (un titre à retenir, croyez-m'en !). Et cet Elmer Gantry qui nous occupe aujourd'hui et dont il avait pigé tout l'épique de l'affaire, presque plus encore que Brooks himself, si occupé à nourrir sa thèse et à brocarder son petit monde. D'aucuns, et parmi les plus fameuses autorités, voit en ce film le chef-d'oeuvre d'un réalisateur pas vraiment auteur et surtout amené à décevoir le monde qui avait tant misé sur lui à la fin des fifties puis des sixties. Authentiquement emballés par l'affaire, nous ne nous embarquerons pas à tant de la dithyrambe pas plus que dans a franche exégèse (vous en trouverez néanmoins un brin ici, lieu fort fréquentable s'il en est), la farouche volonté dénonciatrice de l'entreprise nous menottant un brin trop les mains pour applaudir à tout rompre. Il y aurait pourtant de quoi, de la performance exaltée de Lancaster (ka-ching ! un oscar !) à celle à peine moins négligeable de Jean Simmons qui paroxismise là son perso du sergent Sarah Brown (in Guys & Dolls) en cette sister Sharon Falconner, mais l'intention pamphlétaire (et les moyens parfois réducteurs ou simpliste spour la servir) embarrasse, nuise, empèse... plombe un brin, quoi.

Malgré la « faiblesse » (pas de francs hits, quoi) des chansons de Frank Loesser (seules Fugue for Tinhorns, Adelaide's Lament (par Vivian Blaine) et Sit Down You Rockin the Boat (donnée par Stubby Kaye), obtiennent un sursaut d'adhésion enthousiaste), en dépit de la « mollesse » des chorégraphies (les numéros de Vivian Blaine et les Goldwyn Girls sont un peu mécaniques et seule l'ouverture collective l'emporte un brin*) et nonobstant son timing interminable (2h30, gosh !), on est vite contraint de reconnaître en Guys & Dolls, comme le dirait papa, une fichue bonne comédie musicale. Trame savoureuse (gamblers meets Salvation Army !), transposition broadway-to-screen aux petits oignons (choix artistique du tout toc-studio, réécriture de talent par Ben Hetch et Mank himself), casting alléchant** et seconds rôles aux petits oignons, signature étonnante (Mank le fin psychologue aux commandes d'un spectacle huge et futile à la fois) et deux-trois morceaux de choix (l'ouverture, le faux enterrement de vie de garçon de Nathan Detroit, la bagarre de bal à Cuba, ...)... le tout supervisé par l'avisé Samuel Goldwyn, font en effet ce que d'aucuns appellent communément une incontestable huge piece of cheesecake (parlez-en à Sinatra !) de la culture new-yorkaise... A défaut du hall of fame de la comédie musicale, c'est toujours ça de pris !
Si parmi les ceusses qui nous fréquentent, il en est un pour qui la chose ouésterne est une évidence (voir son œuvre ici *), c'est bien le gars Tepepa. A l'aise avec le spagh' autant qu'avec les grands classiques de Ford, Mann ou Hawks, le garçon n'est pas en reste avec le post-modernisme US le moins orthodoxe. Pour preuve son avis sur The Missouri Breaks dont il nous honore aujourd'hui:
Sans doute le plus drôle des Pink Panthers (le meilleur ?), le plus culte* pour les fans à tout le moins (le premier, aussi classe et symptomatique des 60's fut-il, ne constituait pas un hilarious top pour autant).
Après un Bebel par Krapulax*, retour de Coolbeans pour nous entretenir d'un film par nous utres chéri itou:
Si, par le truchement d'une nostalgie de e-bon aloi, nous nous en remettons à un certain temps (bientôt 20 ans !), celui immémorial où nous classions la vie entre ultimes préférences et, par opposition, conventionnels plébiscites grégairement plébéiens, nous vivions une existence où le "Double Blanc" des Beatles et L'Ecume des Jours de Vian valaient flamboyants étendards, brandis avec la même morgue définitive que celle dans laquelle nous nous drapions pour mépriser le gars Charron (suffisamment arrogant pour s'en satisfaire d'ailleurs !), usant pourtant des mêmes et vaines extrémités pour pinacler je ne sais plus quel 33T post-Barrett du Floyd !
Articulant une sorte de portait of a serial killer avec la radiographie d'une fin d'époque (la juste veille anti-dreyffusarde de La Commune), mêlant l'odieusement onctueuse manière d'un juge voulant à tout prix la tête de son suspect autant que les louanges de ses pairs et une charge-stabilo contre les nouvelles préoccupations administratives traquant hystériquemennt l'asocial et la dissidence (potentielle) des citoyens français, ce titre cousu de fil blanc n'occasionne que peu d'émotion, moins encore d'empathie.
Bourvil ne mit ses propres billes sur la table que pour trois films: il cofinanca ainsi la Mockyenne Cité de l'Indicible Peur (1964), un Autant-Lara l'année d'avant (Le Magot de Josepha) et surtout cette Jument Verte (autant Larienne qu'il est possible de l'être).
A n'en pas douter, avec Deep Throat et The Devil in Miss Jones, le haut du panier du X américain (le Breaking It de Frazer et Svetlana, avec une Traci Lords de tout juste seize ans eut aussi honorable côte), le fréquentable, le revendiquable... le cinéphilic-friendly...
En ces dernières heures avant que la grippe A (H1N1) ne nous fasse expectorer nos derniers glaires dans un râle des moins ragoûtants, s'envoyer le chef d'œuvre pandémsite de Cronenberg relève du plus opportun croquignolet. Pourtant davantage motivé par un fugace hommage à la hardeuse Marilyn Chambers (ze first porn star) récemment adpatrée (et dont nous ne maîtrisons -hélas- que peu et la somme de l'oeuvre et l'étendue des talents), ce revisionnage prit vite un drôle de goût de porc mexicain, tant le film colle à la plus parfaitement anxiogène des actualités.
Aussi visionnaire que confus (Cronenberg qui jouit d'un budget plus confortable qu'à l'accoutumée doit le payer par une sortie hâtivement programmée et finit d'écrire son script tout en le tournant), ce film éminemment matriciel dans l'œuvre du bonhomme (il ouvre la trilogie sexo-technologisante que compléteront Crash* et ExistenZ** et impose le slogan de la "Nouvelle Chair", si emblématique de la dimension mutante de la filmo du canadien), ce brûlot ingrat mettant en garde contre le pouvoir de l'image n'a rien perdu de son efficacité 25 ans plus tard. On reste et demeure fascinés par sa poisserie snuffeuse, son sado-masochisme torve, son conspirationnisme artisano-facho (un peu comme si Afflelou s'apprêtait à coloniser les cerveaux du monde) et sa contextualisation sociale évoquant le meilleur de Bradbury ou de K.Dick: comment ne pas se montrer enthousiasmé par l'intégration du téléviseur dans la société désenchantée proposée par le grand David ? Téléviseurs remplaçant les singes savants pour les mendiants des rues, télévisionnages dispensés aux laissés pour compte dans de vastes missions (authentique secours cathodique !), intellectuels des médias ne communiquant plus que par écrans interposés,... le tout sans sensationnalisme ni épate-techno, l'époque demeurant bien ces early-80's d'un Toronto un peu morne et non pas une projection fantaisiste et trompe-l'œil qu'il eut été facile de mettre en place (ce même réalisme nimbait déjà la lutte des "télépathes" dans Scanners).
Héritier direct du nouveau mood de la Maison de l'Oncle Walt - initié en 92 par le fort fréquentable Aladdin mais un peu abandonné ensuite - à savoir une radicale auto-dérision et une ironie de tous les instants, l'Hercule mis en boîte par Clements et Musker (la paire coupable du Génie bleu et de l'immense Jafar* !) surprend fort au lendemain du lyrique Bossu de ND et à la veille de l'épique Mulan (il marchera d'ailleurs moins bien que ces deux là).
Malgré une œuvre (d'acteur, de réalisateur ou de producteur) pour le moins foutraque, et aux qualités diverses, ici on aime Danny DeVito. Ses responsabilités dans des choses telles Vol au Dessus d'un Nid de Coucous, Batman le Défi, Pulp Fiction, Bienvenue à Gattaca, Virgin Suicide, Man on the Moon (what a 1999 year !!!), Anything Else ou La Guerre des Rose (pour faire court), nous feront toujours passer l'éponge sur ses (plus) faibles Reitmaneries ou ses consciencieux renvois d'ascenseur Sonnenfeldien.

S'il nous faut (rien ne nous y oblige mais, paresseux que nous savons être, nous nous laisserons aller une fois de plus à la complaisance réductrice) augurer de la première moitié de la filmo de Joe Dante à l'aune de celle de Spielberg, nous constaterons sans trop nous casser la nenette que débutant sur les bases d'un remake à peine déguisé de l'un par l'autre (Piranhas pour Jaws) et se poursuivant par un vague négatif iti-esque (Gremlins pour ET), elle atteint son acmé œcuménique avec le plus méconnu Explorers, authentique CE3K de l'affreux Jojoe.
La légende, Fordienne ou pas, dit que Roger Corman répétait à qui voulait l'entendre l'adage suivant: quiconque réalise plus de deux films pour moi (la New World Pictures) est un foutu mauvais réalisateur !

Toujours entouré d'une proche équipe germanique (surtout à l'assistanat et à « l'artistique » (les décors, assez laids, de Rolf Zehetbauer semblent tout droits tirés de scènes coupées de L'Histoire Sans Fin * !), Petersen opère cette fois-ci pour la Fox, pour qui il reprend un tournage mal barré avec Richard Loncraine (David Lynch et Terry Gilliam furent aussi approchés, mais déclinèrent), et accueille sur les plateaux munichois du Bavaria Film Studios des acteurs en passe de devenir bankables (Quaid sort de Jaws 3D, de L'Etoffe des Héros et de Dreamscape et s'apprête à gentiment briller sur la fin de ces 80's). Et outre d'un tournage partant à vau-l'eau, le réalisateur s'empare également ce faisant d'un roman (de Barry Longyear, 1979) que sa mécanique narrative et empathique ne va pas manquer de singulièrement affadir.
Pour le plus grand nombre (et donc pas nécessairement la crème !) Die Unendliche Geschichte se réduit à son Main Theme musical, psalmodié sur des arrangements synth pop de Gorgio Moroder, par l'ex-leader des éphémères angliches Kajagoogoo (que le plus grand nombre de frangins français avaient rebaptisés - avec force mépris pour les différents brushings pas si timides des minets incriminés - Cage à Gogols), Limahl. Le film, sans être une foudre non plus, vaut pourtant un peu plus que cela. Baignant en pleine fantasy (l'époque y est bigrement propice, de Dark Crystal aux Livres Dont Vous Êtes le Héros (série interactive popularisée par Steve Jackson et Ian Livingstone à laquelle il est impossible de ne pas penser ici !) en passant par le Krull de Peter Yates), il est aussi un parfait témoignage de spiritualité germanique (le film n'a presque d'américain que ses capitaux Warneriens) et une aimable tentative d'allégoriser l'acte de lecture*.