07 novembre 2009

Quel Film Avons-Nous Vu Ce Jour ?

Indice Sonore:
Medley Blind Test sur le Radioblog

(réponses en commentaires modérés
jusqu'à lundi 14h00)

05 novembre 2009

Satan

De toutes les grandes et monstrueuses figures classiques auxquelles un culte intense et durable est happyfewiquement nourri, Lon Chaney est sans doute le plus « confidentiel » aujourd'hui – et donc le plus jalousement protégé.
Pourtant l'acteur protéiforme et transformiste (un pro du maquillage !) sera une authentique star du muet (il meurt trois ans après la naissance du parlant) et le premier à se voir biopiquer (L'Homme aux Mille Visages, 1957, avec James Cagney dans les bottes), bien avant Max Schreck (L'Ombre du Vampire, 2000) ou, par la sordide et finale bande de l'Ed Wood burtonien, Bela Lugosi (campé par un génialissime Martin Landau, oscarisé de fait).*
Monstre de travail (à la bio insensée: ses parents sont tous les deux sourds !) ayant alimenté une filmo aussi pléthorique que fatalement inégale (jusqu'en 1919 il ne sera cantonné qu'à être un acteur ne valant « pas plus de 100 $ par semaine »), Chaney apparaît à son torturé et masochiste zénith** au cours de riches collaborations avec les réalisateurs Tod Browning (s'engageant dans sa spectaculaire pente à chefs d'œuvre avec L'Inconnu) entre 1919 et 1927 (10 films ensemble, presque autant de bombes) et, parallèlement, Wallace Worsley (1920-23).
Worsley qui signe donc la réalisation qui nous occupe et qui narre, 65 minutes durant (un remontage datant de 2004 en afficherait 90 !?), les tourments d'un enfant indûment amputé de ses deux jambes et qui, devenu adulte et caïd de la pègre san franciscaine, s'apprête à mettre la ville à l'envers et perpétrer une vengeance aux petits oignons à l'égard de ses accidentels bourreaux, avant de verser dans le côté lumineux de la Force***.
On sait le goût des compositions grotesques et mutilées (dans l'âme et le corps) de Chaney; Satan ne déroge pas à la règle et est devenu fameux le harnachement que l'acteur confectionna pour escamoter ses jambes, véritable outil de torture dont il devait se défaire après dix minutes de tournage tant il souffrait le martyre.
On imagine assez bien que le gros du crédit du film repose en grande partie sur cette performance ahurissante (dans L'Inconnu, Chaney se bandera tout aussi contraignament les bras pour jouer un manchot !) mais il ne s'en contente pas non plus simplement. Certes l'impact de nombreuses séquences (la colère de patron béquilleux dans la fabrique de chapeaux, les séquences pianistiques pour le moins équivoques (une favorite à lui passe sous l'instrument pour actionner les pédales tandis qu'il joue, fiévreux et ne parlant que de jouissance...), le système mural pour espionner les ouvrières, ...) n'ont de vérité que par le stratagème douloureusement établi mais le titre jouit plus largement du charisme inouï de son personnage principal, Blizzard, et par « l'ambiguïté de bien » très vite lovée dans son personnage amoral et venimeux (il ne peut se résoudre à assassiner une traîtresse sous prétexte qu'elle joue bien de la musique). Cette faculté à humaniser des personnages « à l'abord difficile » sera d'ailleurs portée à sa perfection dans Notre-Dame de Paris et Le Fantôme de l'Opéra.
La mise en forme de Worsley est souvent inspirée, moins peut-être lorsque son fétiche n'est pas à l'image (faibles séquences dans les bureaux de la police, où le cheap appert un peu trop) et lors de rares plans d'ensemble, en pieds, un peu statiques et platement illustratifs (c'est parfois le cas dans l'atelier de Barbara Ferris), et offre un (premier ?) écrin de choix pour Chaney qui ne cessera plus au cours de ses 9 dernières années de carrière (dont cinq sous l'égide de la MGM) d'enchaîner les bonnes et les très bonnes choses.
Wallace Worsley (1920)

NB: A propos de Lon Chaney, voir par ici.

* Miraculeusement (?) personne ne s'est encore penché sur le dossier Karloff,
calanché pourtant depuis 40 ans, et qui tourna tant
que trente six mois après sa mort sortaient encore des films avec lui !

** si on fait une scandaleuse impasse sur Le Fantôme de l'Opéra (27) !

*** on remarquera que The Shock (1923), de jolie mémoire,
reprend très volontiers et très largement les grandes lignes contextuelles
et dramatiques de notre présent Satan !

04 novembre 2009

Bienvenue en Suisse

Multipliant les ruptures de ton (ça s'engage comme une woodyallenerie où la suissitude aurait remplacé la judaïsme new-yorkais, ça se poursuit comme un imbroglio moral ironiquement hystérique, avant de verser dans un grotesque à la fois post-Randonneurs et pré-Chtis... le tout articulé par des saynettes naïves et cartoonesques appuyant la légèreté (soit un troublant contresens !)) sans jamais se départir de ses inépuisables vannes renvoyant dos-à-dos les clichés helvétiques et franchouillards, cette comédie prometteuse (enfin pas le titre ni l'affiche...) ne retiendra en définitive l'attention que pour le numéro (même si désormais assez calibré) de Denis Podalydès. Car pour le reste guère de cinéma à se mettre sous la dent, peu de suites dans les idées (passée une heure on ne sait plus ce que le film essaye de dire), fussent-elles plus grosses que bonnes (Vincent Perez avec l'accent vaudois), mais, à l'inverse, un rien trop de symbolisme ironiquement auto-désamorcé (le jardin d'eden, le vêlage « comme dans un Walt Disney ») et de petits mystères voulus truculents mais essentiellement éventés...
Au registre fort inégal (suivez mon r'gard...) des Bienvenues (... il y en a tant à fuir !), préférez Gattaca, dans l'Age Ingrat ou Mr Chance...
Lea Fazer (2004)

Les Visiteurs

Il n'y aurait donc pas que nous à vanter la haute fréquentabilité des colonnes de Mr Ed(isDead).
Ainsi, une petite publication, un humble fanzine, une pugnace feuille en somme, honorable, dévouée et à qui nous souhaitons le plus grand succès, a tenu à porter à la connaissance de son modeste lectorat la qualité des lignes que l'on pouvait trouver ici, sur Nightswimming. On applaudit l'acuité.

Il y a quelques semaines de cela, notre bon Ed entretenait ses lecteurs, par l'entremise de Kinok.com, du dernier film de Kazan, que nous vîmes depuis. Reconnu comme il est, nous lui cédons obséquieusement ici la place:

L'histoire de la production des Visiteurs (The visitors) est relativement connue. En ce début de décennie 70, Elia Kazan se remet difficilement des échecs publics successifs d'America America (1963) et de L'arrangement (1969), deux de ses films les plus personnels et les plus ambitieux. Il décide alors de se lancer dans une aventure plus modeste, s'appuyant sur un scénario de son fils Chris, tournant en 16 mm avec une équipe réduite dans sa propriété du Connecticut et engageant des interprètes peu expérimentés, dont le jeune James Woods. A cette nouvelle approche, il est d'autant mieux préparé qu'il est marié à l'époque à Barbara Loden, actrice et réalisatrice d'un unique long-métrage, Wanda (1970), titre mythique du cinéma indépendant américain.


02 novembre 2009

Quels Films Avons-Nous Vus et Dont Nous ne Parlerons (Malheureusement ?) Pas Ensuite ?

Ont été enfin identifiés ce jour,
n'en parlons plus (ceci n'est pas un jugement de valeurs !):

1 - Les Visiteurs
2 - Nid de Guêpes
4 - Pretty Woman
5 - Bienvenue chez les Robinson
7 - The Spirit

22 octobre 2009

Borat

Pour qui se contenterait d'équations réductrices, Borat apparaîtra vite comme la fusion des Onze Commandements (de Dassagnat/Youn) et de J'Irai Dormir à Hollywood (du sympatoche A. de Max'), sous haut patronage de Michael Moore. Soit du trash-potache volontiers maso, de la provoc extrême et une franche plongée dans le bain, le tout salé de farouche critique d'une certaine Amérique (et non d'une Amérique certaine, comme l'amalgame est souvent fait !).
Cependant, le montesquiesque documenteur (genre dans lequel des gens aussi divers qu'Eric Idle (The Rutles), Rob Reiner (Spinal Tap) ou William Karel ont commis le meilleur) peine à tenir debout une heure vingt durant (phénomène étrange puisque une poignée de séquences finalement écartées (ou tournées direct-to-DVD) aurait peut-être ancré davantage le film, qui peine soudain, après une grosse cinquantaine de minutes (et la présence au-delà de ce chrono de scènes encore fortes (l'inouïe baston de kazakh nus !)) et, problème plus délicat encore: il mêle avec une certaine ambiguïté (malhonnêteté ?) authentiques et ahurissantes, effarantes caméra-vérités et sketches roublardement bien mis en scène (on ne gobe pas aux séquences à ours, pas plus qu'on ne marche lors des leçons de maintien dînatoire), rendant le propos plus flou et la charge moins efficace (comme c'est un peu le cas dans certaines séquences de Michael Moore, aussi manipulateur que les manipulateurs qu'il dénonce), brouillant la donne avec une maladresse désarmante.
Restent une affaire souvent hilarante, des performances de taille et des idées rien moins que savoureuses, l'imagerie durable ici installée, l'emportant au finish (malgré le trouble et le malaise) et n'attendant que d'être relayée, à n'en pas douter, par celle de l'austro-homo de cet été 2009, le nouvel avatar too much, après Ali G et notre stachu antisémite, de SBC: Brüno !
Larry Charles (2006)

21 octobre 2009

SOS Fantômes 2

C'est un article, qui, tout récemment, a piqué notre curiosité et nous a poussé instantanément à revisionner et, éventuellement, réévaluer Ghostbusters 2*.
Aussi, plutôt que d'y aller de notre couplet - où l'inspiration peinera d'ailleurs à venir - , laissons l'honneur et la primeur à la prose objective qu'il n'est pas rare de trouver sur Le Film Était Presque Parfait:

SOS Fantômes se devait d'avoir une suite.
Film de vidéo club par excellence, Ghostbusters représente quelque chose comme l'ultime film pop-corn, amusant, fantastique, effrayant (un peu), ... bref. Une certaine idée du cinéma de divertissement qui se fait rare. 5 ans plus tard (comme l'affirme le sobre carton d'introduction de SOS Fantômes 2), on prend les mêmes et on recommence. Jamais peut-être a-t-on suivi ce principe à la lettre, autant que pour cette suite ; car, au-delà des acteurs, c'est toute la structure narrative du premier qui est recyclée, tel un remake du Ghostbusters originel. Le réalisateur Sam Raimi aura fait de même, mais sans se le cacher, avec un Evil Dead 2 (1987) exceptionnel. (...)

(la suite où vous savez, donc)


* réévaluation inutile puisque nous resterons
tout autant circonspects qu'il y a 10 ans
devant la chose au superflu confondant
quoiqu'en théorise talentueusement notre ami Raphaël !

Juste Avant la Nuit

Considéré comme un court décalque de La Femme Infidèle (impression fatalement accentuée par le même couple-titre mais plus largement par le contexte général*) et tenu par une poignée pour le dernier chef d'œuvre pompidolien de son auteur (et des deux assertions seule la seconde offre un vif écho à nos oreilles, la première se méprenant plutôt sur le principe musical de « variation » !), Juste Avant la Nuit peine parfois à jouir d'une légitime notoriété, la faute sans doute aux conditions pour le moins bouchetrouesques de sa production (le film fut entrepris en catastrophe (et sans apparent enthousiasme préalable) la faute au report soudain et inattendu du tournage de La Décade Prodigieuse). Et à cette durable, donc, comparaison avec le chef d'oeuvre de 68 (qui bien qu'antérieur, semble d'ailleurs plus « installé » dans son époque (et ses clichés)) !
Pourtant, loin d'être négligé, malgré le choix que fit son producteur parmi trois livres que Chabrol disait pouvoir adapter vite fait, sa cohérence et sa place exclusive dans la filmo du binoclard fourchettu nous apparaissent indéniable, faisant se croiser nombre de thèmes du grigou autant que s'imposant plastiquement dans son époque (nous ne sommes parfois pas si loin des vertiges graphiques d'un Argento !).
Bourgeoisie apathiquement condescendante d'une main, culpabilité toute jésuitique (pire encore que Paul dans Le Beau Serge) portée même jusqu'au sommet de l'austère volupté de la contrition d'une autre, Chabrol propose au travers du chemin de croix de ce publicitaire rongé par sa « faute » une intéressante plongée cauchemardesque dans les affres de l'irresponsabilité hébétée d'une certaine classe ne s'interrogeant plus guère (seul Bouquet questionne encore son statut de bourgeois par le biais de son rapport à l'architecture et au design, grosses préoccupations 70's), assoupie qu'elle est dans son confort (voyez la villa, aussi !), son rythme autocentré, ses responsabilités et sa désincarnation (le meurtre inaugural, très giallo, dépersonnalise et théorise très vite sa dévêtue victime, la réduisant à un seul mécanisme, un rouage, une amorce dans le cheminement moral de son assassin).
Découpé avec un talent inouï (voir l'enterrement de Laura, les mouvements de caméra* dans la maison Tellier (aussi étourdissant que dans Les Biches mais aussi que dans les meilleurs Bava et Dario A.) ainsi que l'usage, déjà, des « hiatus »**, ces plans de coupe servant à annoncer (au spectateur seul !) presque inconsciemment un dérèglement ou intensifier un malaise (ici des plans de coupes sur les mains, souvent)) et mené avec une rare intelligence mâtiné de fétichisme (tout hitchcockien ?), tiré inéluctablement vers une issue dramatiquement feutrée, tout en soie et gouttes pour dormir, le titre ne pêche que par de petits détails (un François Perrier très peu convaincant, une malheureuse post-synchro d'Anna Douking par la bien trop identifiable Denise Grey) résolument négligeables à la lumière du crédit général.
A redécouvrir (et réévaluer ?) d'urgence.
Claude Chabrol (1970)
* lieux (villa de chic banlieue, bureau parisien de Bouquet, bistrot, ...),
situations (présence des enfants du couple et de la belle-doche de madame),
sujet (adultère et assassinat).
Mais l'atmosphère y est très différente,
l'ambiance familiale de Juste Avant la Nuit est moins vulgaire,
moins hautaine, moins perverse.


** le réalisateur, qui se revendiquera amateur de mise-en-scène invisible,
fait pourtant là des merveilles « visibles » avec son fidèle Jean Rabier !


*** Chabrol théorisera sévère ce procédé dans La Cérémonie.

20 octobre 2009

La Théorie des Dominos

Bien sûr, bien avant que le WTC ne collapse, Kennedy s'était fait éparpiller la cervelle jusque sur le tailleur bonbon de sa Jackie... et l'imaginaire amerloque était déjà bien infusé de conspiration en tous genres. Difficile d'alléger la sauce tandis qu'on confiait les clés de la baraque étoilée au watergarteux Rickie Nixon, qu'on s'embourbait dans l'Nam ou qu'on mettait fissa en doute la véracité lunaire de cosmonautes avides de pas, petits ou grands.
Autant dire - mais à qui l'apprendra-t-on ici ? - que le conspiration movie ne date pas ni d'hommes à cigarette ni des taupes au CAT de LA.
Mieux, entre 62 (le redoutablement visionnaire Manchurian Candidate !) et le 77* qui nous occupe, ils seront légion les machins d'Alan Pakula (Parallax View, All the President's Men), de Schlesinger (Marathon Man), de Sidney Pollack (Three Days of Condor), de Coppola (The Conversation) à nourrir l'angoisse et la paranoïa qui régneront sur ces quinze années de flippe à l'interne (une trouille différente encore du bain de guerre froide qui, par ailleurs, clapotait à tous les esprits !)**.
Stanley Kramer, pas le plus fin ni le plus léger de la bande, offrit une sorte de chant du cygne (momentané) au courant, avec cette histoire pas si toc, parce que prenant son sujet humblement, par le petit bout de la lorgnette. On aurait certes préféré sans doute un Peter Hyams d'alors ou, même, un Peter Yates pour mener la chose à (mieux ?) bien.
Se montrant patient dans sa mise en place, traitant son sujet à relative « hauteur d'homme » (point trop de sensationnel ni d'encombrants effet de manches) mais l'emballant du coup, a contrario, longtemps comme de la téloche (partition musicale à l'avenant), on sent que, pour la production, le « gros » du sujet et les fastes du casting (Hackman, Widmark, Bergen, Wallach, Rooney... tous assez décevants d'ailleurs) ont monopolisé les attentions et les énergies au détriment de la mise en boîte (une ou deux rares séquences surnagent seulement).
En outre, la faible vraisemblance des enjeux ou, à tout le moins, des moyens de s'y tenir, fait régulièrement défaut. Autant que le rythme de la dernière demie-heure, opaque, confus, étrangement équilibré, manquant parfois même d'ambition (le tunnel narratif (justifiant mollement le titre) sur l'énhaurme manipulation -façon « tireurs multiples » !- fait un peu cheap), malgré sa pyrotechnie de paresseuse circonstance et ses violons « hou la la ! ».
Et quant à l'épilogue vengeur...
Stanley Kramer (1977)

* poussera-t-on jusqu'au Winter Kills de William Richert (1979) ?
Intégrera-t-on au genre Capricorn One ou Morts Suspectes ?

** chez nous, les americanistes Boisset, Verneuil ou Labro auront pris le train
un peu à la bourre et feront traîner le genre un peu plus longtemps peut-être.

19 octobre 2009

Domino

Bouillie visuelle, dégueulis filmique, brouet tape-à-l'œil, vulgaire tambouille... Tony Scott atteint haut la main là le pire qui soit dans le non-cinéma: faire passer passer Natural Born Killers pour un film d'Alain Cavalier.
Le clippeur des 80's se fourvoie dans son « puzzle viscéral » (sic) en surdécoupant son matériau, en branchouillant un max (Richard Donnie Darko Kelly au script !), en post-modernisant à donf, en sur-ritchiesant le moindre de ses plans (flash-backs, flash forwards à gogo), en raccrochant - avec 10 ans de retard ! - les wagons hystériquement péteux d'un Dominic Sena (Kalifornia, Operation Espadon) ou d'un CM Talkinson (Love and a .45, l'une des pires post-Tarantineries qu'il m'ait été donné de voir jusqu'à aujourd'hui, nouvelle date dans l'infâme !)...
L'encombrant frangin a bien encore une ou deux « idées » valables (les stars sur le retour de Beverly Hills dans leur propre rôle, Brian Austin Green et Ian Zerling), voit certes fleurir une vraie découverte castingueuse (Edgar Ramirez, plus hot tu meurs) et a certes eu suffisamment de persuasion pour être parvenu à enrôler Tom Waits à l'écran (cela dit, le pépère, depuis Coppola et Jarmush, est de moins en moins regardant, rayon pelloche !)...
... mais le reste putain, l'interminable et calamiteusement odieux reste !
D'aucuns, par posture ?*, vous diront « modernité », « air du temps », « goût du jour »... et argueront l'auto-allégeance faite au propre True Romance du gars Tony ainsi qu'à d'autres films générationnels 90's façon Bigelow (Point Break en tête, rest in peace Patrick !) pour justifier la pénible démarche... Écoutez-les si ça vous chante...
Mais lorsqu'on vous vendra « un équivalent visuel à langue SMS », par pitié n'achetez pas ! N'achetez pas et partez d'un rire tonitruant, poings sur les hanches et tête en arrière renversée... (équivalent sonore à la langue « on veut bien être arrangeants mais vous foutez pas non plus d'not'gueule »)
Tony Scott (2005)

* il est vrai que je rechigne souvent à hurler avec les loups
et que Scott a un sacré paquet de contempteurs sur l 'échine
(autant, sans doute, que Bay et Schumacher)...
mais dans ce cas précis... c'est intenable:
je rejoins la meute.
Sorry.
D'la merde.

15 octobre 2009

Ennemi d'Etat

Un thriller techno-parano pré-9/11 peut-il encore tenir la rampe ?
Tony Scott est-il décidément le tâcheron priapique qu'on l'a toujours soupçonné d'être ?
Will Smith peut-il dépasser son simple statut de black-à-la-coule et acter quelque chose de consistant autrement qu'à l'occasion de didactiques biopics balourds ?
Gene Hackman s'est-il mangé les pires late ninetees qui soient permises (et John Voigt ne sait-il camper qu'un seul emploi depuis Mission Impossible ?) ?
Harry Gregson-Williams devrait-il se contenter de partocher Tigrou et Shrek ?
Eût-il été urgent de suggérer la castration chimique voilà 65 ans au père de Jerry Bruckheimer plutôt qu'à Roman Polanski en 1977 ?

Autant de questions que soulèvent (mais ne règlent pas toujours) Ennemi d'Etat, panouille bleutée et surdécoupée comme il en est tant, gonflée d'une certaine ambition (discutable dans son épuisant complot perpétuel), servie par autant de confusion que de déséquilibres (malgré le traditionnel gunfight triangulaire et apocalyptique dont se sort miraculeusement le héros (figure récurrente du cinoche tonyscottien depuis True Romance !)).
Climax dégonflés tel le soufflé, clins d'yeux poussifs*, arythmie pénible (montage à l'avenant), final tout en raccourcis, ficelles pénibles et précipitations frustrantes (au point qu'on attende même stupidement quelque chose « de plus consistant » en guise de conclusion, tandis que le générique de fin s'amorce)...
... la chose tricote le pas bien terrible avec le pire d'une dramaturgie oubliée en cours de route (tant le réalisateur a à l'esprit la manière laborieusement roublarde de relier ses points considérés nodaux (l'utilisation des personnages campés par Lisa Bonnet, Gabriel Byrne ou Tom Sizemore) alors qu'ils ne sont que des relais poussivement foireux).
Attention, malgré tout ceci, ça se laisserait presque voir (la demie-heure 60'-90' peut-être ?)... et c'est peut-être là le pire.
Non, hélas: le pire est à venir !
Tony Scott (1998)
* s'en référer à la Conversation Secrète de Coppola
ne garantit pas la chef-d'oeuvrie, même abâtardie !

20 septembre 2009

Vampires

S 'il est, de toute prime abord, l'occasion de confirmer que depuis Jack Burton, toutes les BO de Carpenter sont franchement dégueulasses* (alors qu'avant, mazette !, y'avait du sacrément bon** !), Vampires estomaque vite dans sa jubilatoire cohérence du mauvais goût – et à ce titre, il nous faudra le concéder, la musique s'avère fichtrement en phase avec l'intention.
Cynique, joyeusement borderline (la séquence où Jack Crow revient au motel pour faire « le ménage » !), ouvertement malpoli et provocateur, plus que de genre le film se pose foutument – et pour notre plus parfaite jubilation - en prototype de mauvais genre.
Héros vulgaires, grossiers et ouvertement négatifs, aux fulgurances confinant parfois au plus parfait cartoonesque (voir certaines mines dégoûtées de James Woods et apprécier le régulier approximatif des interventions), environnement délétère (entre minables motels à putes, église criminalisée et décadente, et haciendas peckinpahesques) et argument aussi incongru qu'irrévérencieux (une sorte de 12 Salopards mandatés par le Vatican pour estourbir le premier vampire créé par une Église aux représentants volontiers hystériques dans la violence)... font de cette « Aorte Sauvage »***, une fois roublardement combinés ensemble, quelque chose d'autrement plus excitant (et de plus réussi) que tous les Dan Brown du monde tomhanksés pour les box offices grégairement paresseux.
Casting au poil (Môssieur James Woods, mais aussi la toujours insaisissable Sheryl Lee (Sailor et Lula, Backbeat mais surtout LA Laura Palmer de Lynch !) et un énième frangin Baldwin (le graisseux Daniel, ayant accompagné Mickey Rourke et Don Johnson **** dans leur traversée du désert 90's) dont l'atavique incharisme familial fait ici des merveilles d'approprié !) ou presque (le so 90's Michael Wincott eut sans doute fait un meilleur Valek !), rythme incroyablement soutenu, traitement plastique remarquable (intérieurs aussi bien éclairés que ceux du Prince des Ténèbres, extérieurs aussi décalés que dans le futur et aussi gourmand Ghosts of Mars*****), tout concourt à faire du western à dents longues Ze film de vampires de la fin des 90's (plus que le Dracu' d'Coppo' (que Carpenter crut longtemps se voir offrir avant qu'on lui ôte le joujou des mains, la faute à sa trop faible notoriété et sa piètre bankabeulité)) et sans doute même la meilleure chose qui soit arrivé au mythe jusqu'à True Blood...
Aux côtés d'Aldrich et de Peckinpah, Carpenter fait -une fois de plus !- grave le boulot !
John Carpenter (1998)

* Assaut, Halloween, Fog, NY97,...
** exception faite, peut-être,
de celle du Prince des Ténèbres !

***ce délicieux calembour n'est hélas pas mien
mais de Bertrand Rougier, in Mad Movies

****ce dernier, catchant moins, s'en est-il seulement vraiment sorti ?
*****le film est incroyablement cohérent avec l'œuvre dernière du père Carpentouze (les damnés ou invisibles remakes mis à part)

18 septembre 2009

New York 1997

Authentique madeleine cinéphilique pour tous les genreux de ce côté-ci de l'univers, indiscutable jalon du film d'action consciemment politisé (d'autres suivront chez Big John !), parfaite pépite soufflant le chaud ironique et le froid pessimiste, jouissif western délocalisé, émouvante naissance d'un (anti-) héros (Snake Plissken, renommé Hyena en Italie ?!), géniteur involontaire d'une descendance aussi débile que chaleureusement sympatique (tout le courant post-nuke latin), ...
NY97 est assurément tout à la fois dans le cœur de nombre de pré-quadras reniflant encore au seul souvenir de la jaquette d'une VHS distribuée par Embassy fébrilement empoignée dans un vidéo-club de presque centre-ville...
Le morceau (fort d'un budget sept fois supérieur* à celui de Fog) de Carpenter (qu'il auto-remakera savoureusement quelques années plus tard en un LA2013 aux intentions à peine déguisées, comme Sam Raimi aura relu son Evil Dead) demeure, visionnage après visionnage (sans doute une bonne huitaine pour nous autres sans que pourtant -paradoxalement - nous ne l'ayons revu depuis le 11/9), le même chef-d'œuvre crépusculaire, le même choc, le même coup de poing dans les dents.
Animé par une relative haine du New York** mid 70's (Carpenter est, lors de la rédaction du scénario, bien plus à son aise à Los Angeles) et sérieusement emprunt de western maverickien (c'est Russell de lui-même qui s'inspire d'Eastwood et suggère le bandeau sur l'œil), le titre installe pour ce faire un contexte impactant – et didactiquement introduit !- (la Grosse Pomme - dans laquelle on lâchera le « serpent » ! - faite island-prison livrée à elle même) et tricote un imaginaire sans équivalent alors (il va même jusqu'à préfigurer en bien des points le troisième volet des Mad Max), autant qu'il propose une vision aussi désenchantée de la chose humaine que celle d'un Romero (les hordes nocturnes de Manhattan s'appellent d'ailleurs ici les Crazies (rapport aux « Fous Vivants » du Geogeo de Pittsburgh) !): état fascisant, police expéditive et omnipotente, représentant politique aussi obscène dans sa ridicule et infantile faiblesse (Pleasance, parfait dans le rôle, reproduit sa performance du brillantissimement polanskien Cul-de-Sac - quoiqu'on en pense ici !) que dans son arrogance puérile et irresponsable, individualisme forcené et courtisanerie obséquieuse à tous les étages (les lieutenants autant que Brain (le toujours impeccable Harry Dean Stanton) se répandent aux pieds du Duke of New York (Isaac Hayes, pas aussi convainquant -ni écrit ?- qu'on serait en droit de l'espérer (et dont le rôle, y compris extra-diégétique, sera repris par Tina Turner dans MM3 !))),... le portrait est à triste charge au point qu'apparaisse seul vertueux un bad guy de première (au charisme certes inouï), que chacun croit d'ailleurs mort (le running gag*** du film !), et dont le mauvais esprit, le cynisme total (occupé à sa seule mission, à laquelle il est prêt à renoncer par découragement, ignore pourtant une femme violée !) semble, dans ce contexte, la seule réponse valide (remember le savoureux « coup » final de ce nihiliste social de première !).
Indémodable et toujours pertinent, jamais ridicule**** (malgré un sound design qui a peut-être un peu morflé) et régulièrement excitant, NY97 reste la petite bombe, qu'elle fut dés sa sortie - et qu'elle est davantage encore depuis le WTC de 2001 ! -: prompte à vous faire péter les artères !
John Carpenter (1981)

* mais qui demeurera très en deça du paquet de $
habituellement dévolu pour une grosse prod d'alors !


**le film ne bénéficiera d'ailleurs que de deux jours
de tournage nu-yorkais et se fera plutôt à St Louis et LA !


***gag certes mais pas seulement: cette légendaire mort installe une dimension
éminemment fantomatique au personnage, le portant jusqu'à la silhouette,
à la seule essence du héros, le mythifiant,
le crépusculairisant (tendance "Eastwood des Vallées Perdues" bien sûr !)...

****on ne peut curieusement pas en dire autant
du postérieur Invasion Los Angeles, au propos plus subversif encore,
mais emballé dans une forme et soutenu par un casting,
pour le moins particuliers...

11 septembre 2009

New York 2H00 du Matin

Si nous devions radoter, enclin dont il faudra raisonnablement nous suspecter, ivres de nos propres antiennes et enfumés de nos complaisants tics que parfois nous sommes, nous annonerions, ici et maintenant, en opportun préambule, que Woody et Abel ne fréquentent décidément pas le même New York – à tout le moins le font-ils à des heures fort éloignées...
Car que pourrait bien faire d'autre le bigleux Allen à deux heures du mat' que de débriefer, au pageot, une séance de minuit de son ciné-club favori, lui ayant donné à moudre un énième Bergman ou bien un replayitagainsamé Curtiz de derrière la casquette nazie ? En tous les cas, il ne courre pas les lap-danseuses ou les gogo-girls avec des ciseaux géants, lui. pas plus qu'avec sa clarinette...

Plus je vieillis et plus j'aime le cinéma de Ferrara – n'est-ce pas le chemin inverse de l'accoutumée ? A tout le moins n'est ce pas le cas de tout le monde !

(à suivre...)
Abel Ferrara (1984)

10 septembre 2009

Une Nuit à New York

Fut un temps où Ferris Bueller passait une folle journée et Paul Hackett une nuit de barge – l'un à Chicago l'autre à New York.
Un autre de ces temps, plus récent, Rob Gordon* s'arrachait les cheveux entre gigs, ex-girl et galettes (vinyles) et la môme MacGuff, trop tôt encloquée, frottait sa discothèque indé à celle d'un aîné branché sur Thurston Moore – l'un à Chicago (?!) again, l'autre dans le Minnesota.
De grandes heures furent celles encore de l'inégalable Daria, bien sûr, mais aussi celles d'Enid et Rebecca intriguées par l'étrange Seymour...
Bien. Bien, bien, bien. Souvent très, même.
Mais shakerisez-moi tout ça, ramenez-moi ça sur Manhattan et osez orienter franchement l'affaire vers la comédie romantique pour ado post-Gossip Girl (le fil rouge hype'n'pod du concert de Where's Fluffy fait ainsi, en plus de lapidairement colonnevertébraler le récit, vibrer archicontemporainement tous les smartphones de la Big Apple !), l'énervant glam chic en moins, et voyez-moi débarouler rien moins que la meilleure teen comedy (avec, dans une tonalité radicalement différente, SuperGrave) depuis... depuis.. depuis... Pretty in Pink & The Breakfast Club réunis (RIP John Hugues !) ** !
Casting de choix (Michael Cera !!!!!), contexte contagieux (à quiconque a bricolé sa vie durant, pour un oui, pour un non, pour plus ou moins encore, des compils, des mixtapes, sur BASF chrome ou CD-R emmepétreux), topographie enivrante (pour qui kiffe Nouillorque sans verser dans la tournée des grands ducs façon tour operator) et trame surclassique mais pas mal dégraissée de ses clichés (sans sacrifier ses orthodoxes motifs non plus !) font du trip nocturne un bain de jouvence heureux et sacrément catchy !
Une fois encore la distribution française se fait au travers d'un titre salopant la beauté de l'original (Nick and Norah's Infinite Playlist) mais pourrait, par « publicité mensongère », attirer un public auquel la chose n'est pas particulièrement destinée (fan d'Hannah Montana ou des frangines Olsen ?) et, ouiallenote ?, ouvrir des yeux, des oreilles... créer des voltes-faces, qui sait ? des vocations !
C'est tout le mal qu'on souhaite à cette petite perle qui renvoie bien loin les chichiteux Garden State et autres prods mid-branchouillades (et plus loin encore les merdasses 90's type She's All That ou 10 Things I Hate About You !)
Peter Sollett (2008)

* un nom qui inspire les collègues ayant goûté aux charmes de N&NIP !
** un titre qui en inspira d'autres !
*** j'ajouterais bien, pour compléter le podium 80's,
The Sure Thing, de Rob Reiner !


RATATAT Classics (2006)

08 septembre 2009

2019 Après la Chute de New York

La chose est désormais banale, entendue: voici un post-nuke rital de plus, pompant dans la poussiéreuse allégresse et les nappes de synthés baveux tout son Mad Max 2 et (surtout, surtout, surtout) son New York 1997. On sait déjà l'enclin, la niche, le goût, la complaisance de la scène et de l'époque (et la nôtre caressant la chose dans le scandaleux bon sens*). Alors quoi ?
Aussi fumeux et peu évident cela soit-il pour le non-initié, sans doute 2019 est-il le meilleur d'entre tous les nanars vautours du genre. Pas moins.
Attention, malgré la distinction ici généreusement accordée (la médaille reste partagée à nos yeux avec Les Exterminateurs de l'An 3000), on restera ici régulièrement à des brassées en dessous des modèles fondateurs (Miller et Carpentouze donc, mais aussi le Hill des Warriors et même le Scott... d'Alien !) et le ridicule ne manquera que rarement de dégommer, séquence après séquence, une ambition mal négociée (le titre préfigurant ainsi, par exemple et 25 ans plus tôt, le contexte cauchemardement stérile des Fils de l'Homme !) et des événements tous plus péteux les uns que les autres.
Il n''empêche. Il nonobsterait presque.
Coproduit avec nous autres (les maxpecassiens Films du Griffon) et donc co-casté avec notre belle patrie du Cours Florent (la blonde Valentine Monnier fera une escale latino-exploitante (un Lamberto Bava singeant Jaws, en plus du présent Martino) entre un Sussfeld à nains et un Serreau à couffin), le projet dut tout de même se contenter d'un budget famélique (le fadasse Michael Sopkiw, sorte de sous-Terence Hill sous-interprétant un sous-Snake Plisken, aimait à dire qu'il ne pût se payer avec son cachet qu'une moto d'occasion... et encore: sans le plein !), et des manières qui vont avec.
Pourtant, présomptueux, le script brasse large, multiplie des caractères, des situations, des ambitions (le laïus philosophique du bourreau Eurakien (bientôt énucléé !) et ses délicieuses allusions au Guernica de Picasso !), des topographies et même des tonalités (l'inattendu dernier tiers, frappé au coin du conte façon Wizard of Oz ou Sleeping-Beauty-and-the-Beast) qu'il ne peut décemment honorer (25 ans plus tard, Doomsday, rejeton évident de la chose, y parviendra-t-il mieux ?). Et ce ne sont pas les tunnels narratifs articulant les moments de l'intrigue (celui concluant les 20 premières minutes est un petit modèle de croquignolet, celui du « camp des nains », puis celui de la fuite en station wagon n'étant pas vilains non plus !), aussi laborieux que ceux empruntés depuis Long Island jusqu'à West Side par la triplette de Manhattan**, qui faciliteront la tâche.
Entre maquettes simplistes, industries désaffectées et casses automobiles (ainsi pas un building dans « New York » !), le titre enchaîne encore métronomiquement les signes extérieurs de pauvreté mais l'énergie et la farouche débrouillardise d'un Sergio Martino (un cador du bis all'italia !) pas dupe mais sincère finissent par donner un corps au tout (certes méchamment hybride voire carrément débile) et à proposer même, aux yeux de l'amateur déviant - mais éclairé et synthétiquement hiérarchisant-, une entreprise assez rythmée, riche en surprises de tous genres.
Les autres rétines passeront sans doute loin à côté – mais qui les en blâmera ?
Sergio Martino (1983)

* cliquer ci-dessous sur le libellé "post-nuke" pour s'en convaincre
ou bien relire pour la énième fois les fameux
et néanmoins seurtiniens Guerriers de la route Milan-San Remo


** d'aucuns ne souligneront-ils pas au passage
le laborieux de la syntaxe de l'article comme une mise en abîme
aussi présomptueuse que régulièrement saugrenue ?


07 septembre 2009

La Maison de la Terreur

Si la maison René Château sut tirer sa fulgurante collection des "Classiques de l'Horreur et de l'Epouvante" avec de brillantes productions telles Massacre à la Tronçonneuse, Zombie ou Maniac, la gaillarde enseigne eut tôt fait de remplir son catalogue de titres inférieurs, ou, à tout le moins, éloignés de la prime « thématique » (l'US craspec). Songeons au peu de pertinence d'éparpiller la collection maison avec cette Marque du Diable (#8) ou, pis encore, avec cette pénible Maison de la Terreur (#10).
Giallo tardif, presque parodique (mais le Ténèbre d'Argento avait déjà roublardement fait le ménage et, ainsi, définitivement le cygne chanter), balourd, laborieux, sans l'once d'une idée, perclus d'une ironie finalement trop frustrante pour être communicative et énumérant mollement les tics d'un genre sans plus de cohérence (ni de goût !) que ça, évoquant tout autant le Blow Out de Brian dePalma que s'appliquant à faire hurler le plus faux possibles nombre de ritalochiennes à sourcils, cette affaire de terrifiante maison hésite sans cesse entre ennui patenté, déférence stérile et ridicule quatre étoiles. Certes le figlio di de Lamberto ne s'est jamais franchement illustré dans la talentueuse entreprise (même épaulé par tonton Dario, ses Demons usèrent les patiences !) et la surprise aurait du s'avérer plus modéré, mais à ce point, dites !? ça espante son monde tout de même !
René Château se vantait en son temps que les films de sa collection jaune et noire ne seraient jamais vus à la télévision... dans la présente, on ne pourra que s'en féliciter !
Lamberto Bava (1983)
NB: un bis-avis un peu plus souple, par ici.
Et par là un autre, carrément bienveillant !

La Baie Sanglante

On a, depuis longtemps, tout dit sur La Baie Sanglante. D'aucuns tiennent l'affaire pour le chef-d'œuvre de Bava (on pourrait en discuter), d'autres affirment son statut de proto-slasher, d''inventeur du psycho-killer qui nourrira les vidéos-clubs des années 80 (avec la franchise Vendredi 13 en tête) – tous enfin, dont nous autres !, l'acclament. Si l'on s'étonne une minute que Carlotta Films s'entiche de ressortir, plutôt qu'un inédit ou un titre moins exposé (Six Femmes pour l'Assassin ?), ce tardif et (plutôt) familier Bava, le contenu technique et éditorial de l'objet s'avère si excitant qu'il justifie à lui seul l'entreprise. Et permet enfin un hommage à la hauteur de la chose...

... à suivre sur KINOK...

Mario Bava (1971)

Duel au Couteau

N'en déplaise à Ragnar d'Apéricube, le genre Viking n’est plus, et depuis un bail (les « récentes » contributions de Mc Tiernan (Le 13ème Guerrier, 1999) ou de Marcus Nispel (Pathfinder, 2005) demeurant par trop marginales pour constituer une « scène » pérenne). Pour preuve, à peine sept ans après Les Vikings de Richard Fleischer, le genre était déjà recyclé par l’Italie exploitante (et ironiquement post-moderne ?) en une forme proto-spaghetti. Il Cotelli del Vendicator (titre bien plus clair que sa vague traduction française, quasi-inexacte (point de duel coutelé à proprement parlé !)) offrait ainsi dés 1965 un habile chant du cygne au courant odinesque...

... à suivre sur KINOK...

Mario Bava (1965)

06 septembre 2009

Les Vampires

Angulaire et historique à plus d'un titre, I Vampiri n'est rien moins qu'un classique qui s'ignore.
Qu'on le prenne par « le petit bout de la lorgnette » (son histoire personnelle) ou, plus vastement, pour la place qu'il occupe dans le cinéma fantastique d'après-guerre (autant dans son positionnement politique, esthétique que thématique), le film, que signèrent - un peu confusément - Ricardo Freda et Mario Bava, relève effectivement du plus indiscutable des jalons, son statut et la découverte de ses richesses ayant jusqu'à ce jour toutefois été relativement malaisés par une trop faible exposition...

... à suivre sur KINOK...

Ricardo Freda & Mario Bava (1956)

01 septembre 2009

La Maison de l'Exorcisme

Étrange machin que cette Maison de L'Exorcisme.
Seul le béotien apprendra ici qu'il s'agit en réalité du film Lisa et le Diable (sorti deux ans plus tôt dans une indifférence contrariante) pour lequel le producteur de Bava exigea opportunément des ajouts surfant grave sur le succès du Friedkin/Blatty. En effet, le titre onirico-gothique (façon E.A.Poe vs Masque de Cire) et bigrement atmosphérique où Elke Sommer et Telly Savalas rivalisaient de poses stupéfaites et/ou mystérieuses, et où s'enchâssaient des séquences d'un érotisme accompli, tout en éclats sur luminaires en cristal, avec un macabre non moins farouche, n'avait d'abord su trouver son public malgré le soin habituel porté par le fétichiste Mario. Mais de là à commettre tel outrage, c'est pousser le bouchon de l'odieux anti-director's cut un peu loin.
« Repensé » donc par Alfredo Leone, le titre s'articule alors autour de séquences additives (pas toujours ridicules (même si hautement plagiaires) mais fichtrement peu homogènes avec le matériau de départ) permettant à la môme Sommer de rouler des pupilles, de vomir bile vertement colorée et blasphèmes priapiques à la façon célèbrissime de Linda Blair, et ce en rupture parfaite et spectaculaire avec le mood de « l'autre et préalable partie ». On ne parvient encore à ce jour à savoir clairement si Mario condescendit à mettre toutes ces scènes en boîte ou si Leone (sous le pseudo de Mickey Lion !) s'en chargea lui-même. Toujours est-il que le résultat se solde par un sacré beau bordel, perclus d'incohérences, d'arythmie et de confusion totale... tout en étant un scandaleux et par la même assez fascinant exercice de jusqu'auboutisme « exploitant » à l'italienne: on ne se contente plus de retitrer ses productions pour coller à la mode (façon Fulci), on refaçonne radicalement la chose de l'intérieur pour la faire rentrer dans le marché.
Difficile toutefois de se dépatouiller froidement de l'hybride affaire (et nous nous en abstiendrons donc même si le « débile » de l'entreprise n'est pas pour nous déplaire), offrant perpétuellement l'impression de zapper entre deux films n'ayant qu'une actrice en commun (et que le « scénario » tente de nous faire passer par hasardeuse commodité pour deux soeurs jumelles !!)... Un peu comme si on regardait en même temps... Soeur Sourire et L'Auberge Espagnole ?
Mario Bava & Alfredo Leone (1974)

31 août 2009

L'Arme à Gauche

C'est faire preuve d'un paresseux euphémisme que de considérer L'Arme à Gauche comme un titre mineur dans la filmo du père Sautet. Prompte paresse, contagieuse et désastreuse, occasionnant d'ailleurs un triste vide critique puisque négligeant volontiers la brève « première manière » du réalisateur, celle des petits films noirs N&B pourtant intenses et assez inédits dans leur tonalité. Certes le peu de succès de ses premières tentatives n'encouragea pas le garçon à cigares à franchement persévérer dans la sombre et fétichisante direction (il retournera à ses activités alors louées d'efficace script-doctor à la française (de « ressemeleur », comme le nommera Truffaut), dépatouillant Rappeneau, de Broca et une grosse poignée d'autres avant de trouver sa propre voie avec les dabadiennes Choses de la Vie) mais tout n'était pas, loin s'en faut, à renier dans ce mood inaugural.
Ainsi une volonté américanisante assez réussie (beau travail de contraste, une patte sèche, violente, nimbée des meilleurs Walsh ou des Siegel de première bourre), une atmosphère plutôt inédite (de la prime enquête jusqu'au huis clos final, assez bluffant) et une indéniable pierre portée là à l'édifice du thriller navigateur « nail-biter », certes moindre qu'un Plein Soleil ou qu'Un Couteau dans l'Eau, sont tout de même à porter au crédit de la production. Quelques trouvailles, formelles autant que de situations, proposent enfin une sorte d'épure quasi-surréaliste (l'îlot où sont stockées les armes) tandis que le vilain en chef s'avère fort bien balancé (Leo Gordon, brièvement vu chez Hitch mais chez Corman surtout).
Claude Sautet (1965)

08 août 2009

Hot Spot

COMING SOON

29 juillet 2009

La Maison des Otages

Je n'ai jamais vu la version originale de La Maison des Otages (Wyler, 55) – Bogey ou pas, on dit le film paresseux. Sinon pire.
Je viens de voir la version Ciminesque, dont le « manque sidérant de discernement » déploré par Tavernier et Coursodon (in 50 de Cinoche Amerloque) est diablement là illustré.
Pénible (Mickey et Anthony rivalisent pour assurer la fonction), superflu et sans le moindre intérêt (outre les magnifiques séquences d'extérieurs (la cavale de David Morse, meilleur morceau du film), aussi fatales que tragiquement contemplatives, peu à tirer de la chose malgré le vague questionnement moral sur l'implosion de la famille et la science du cadre, intacte, du réalisateur), nous peinerons à rhétoriser davantage. Y compris sur la perte spectaculaire d'un réalisateur d'abord hors pair, viré pétard mouillé.
Cela n'empêche pas quelques avis, ailleurs, divergents.
Michael Cimino (1990)

25 juillet 2009

L'Irlandais

Je ne saurais plus vous dire ce qui me fit, en son temps, voir L'Irlandais. Car vers 16 ans, oui, 17 peut-être même, je le vis.
Certes le gars Rourke (la môme Heather O'Rourke (Poltergeist I-II-III) eut été d'ailleurs, quoique native de San Diego, patronymement plus légitime dans le casting, nan ?) avait le vent en poupe, fort d'une poignée de succès du moment, justifiés ou non (de Rusty James à Barfly, en passant par L'Année du Dragon, Neuf Semaines et Demi et Angel Heart) mais nous n'étions pas particulièrement « cœur de cible » (le Cimino et le (meilleur ?) Parker mis à part).
Bob Hoskins, que nous louons grave depuis, nous était encore scandaleusement inconnu (autant que Liam Neeson dont nous ne saurons pourtant jamais vraiment nous satisfaire, y compris dans Darkman !) et Alan Bates nous était déjà apparu comme une anomalie filmique (ici, carrément grotesque en caïd en loden). Quant à Mike Hodges, nous ne le calculions pas même, étant à des années lumière de nous interroger sur la possibilité qu'un même type puisse pondre à neuf ans d'écart la ramassée Loi du Milieu et le ridiculement dispendieux Flash Gordon...
Dans une même perspective furieusement nationaliste, nous verrions quelques temps plus tard (fort peu) Le Sicilien, de Michael Cimino. Mais là la connexion nous semble avec le recul plus naturelle, tant nous avions été fan, au mitan de notre adolescence, de Fred (in Subway, si, si !) et de Connor MacLeod du clan des MacLeods.
Mais cet Irlandais-là ? Nous n'écoutions même pas U2 alors (il n'y en avait que pour Depeche Mode dans notre chambre) !
Était-ce de voir le petit Mickey en rouquemoute, façon Petit Baigneur ?
Était-ce afin de me repaître d'un pathos à la naïveté dégoulinante (le prologue faisant office de générique est à ce titre un petit morceau d'anthologie complaisante tirant une prompte balle dans le pied du propos, et les ficelles religieuses ou cécitesques lamentables) qui n'aurait pas manqué de bouleverser ma fébrile conscience ?
Le mystère reste entier.
La structure de l'affaire n'est cependant, malgré sa patine, son contexte IRA-esque, ni plus ni moins qu'une affaire surclassique du tueur à gages voulant quitter le Milieu, mais que le Milieu contraint, et seule la situation, la spacialisation grande-bretagnesque 80's (friches industriels, entrepôts déserts, rues humides et fogeuses, ...) parvient à offrir une certaine dimension, un relatif écho même aux décors et contextes du récit de Get Carter.
Hélas, l'ambition de la production nuit par trop à ce qui aurait pu être un sacré petit film de genre, solide et nerveux (ce qu'était le Michael Caine de 71), mais qui s'avère n'être qu'un pamphlet pontifiant et tristement didactique, au romantisme niais, au lyrisme, à l'épique en toc.
Mike Hodges (1987)

06 juillet 2009

Cotton Club

COMING SOON

03 juillet 2009

Doomsday

Marshall (Dog Soldiers, The Descent) avait visiblement une telle soif d'hommages qu'un simple remake ne pouvait le satisfaire – comme JF Richet et son Assaut sur le Central 13, d'honnête mémoire (n'en déplaise à Krap' !). Il lui fallait une trame lui permettant de saluer et clindoeiller un à un et tour à tour (au risque d'une audacieuse (ridicule ?) cohabitation de genres).
Sur le papier, le projet-zapping que constitue Doomsday semblait casse-gueule, à l'écran c'est sans doute pire encore. Car si l'amateur éclairé se gargarisera de reconnaître les passages* « à la Mad Max 2 » (et à toute sa descendance ritalement dégénérée !), les allusions (contextuelles) à La Chair et le Sang, les fugaces panoramiques tolkieno-jacksoniens, les perceptibles emprunts à Aliens, ceusses faits encore à Ghosts of Mars et les autres enfin, maousses et envahissants, faisant allégeance à New York 1997 (surtout !) et son auteur en général (un des personnages s'appelle d'ailleurs Carpenter et Tyler Bates, le compositeur, pastiche sans peine visible la patte de John)... la stérile posture est fragilisée plus encore par l'impression tenace d'avoir affaire à une démarche chapeautée par l'Europa Corp de Luc Besson ! L'héroïsme féminin nimbant l'affaire a ainsi des relents bien plus nikiteux que ripleyens, la naïveté des caricaturales considérations politiques rythmant quant à elle la quête (régulièrement relayées par un dannythedogesque Bob Hoskins, loin, très loin de sa superbe) a tout du brouet philosophique façon 5ème Elément (pas si loin non plus des molles séquences de pouvoir émaillant le Land of the Dead de Romero) et l'apparence malpolie du tout paraît simplement opportuniste et facheune. Ajouter à cela des gros villains digne de Banlieue 13 (déjà lui-même héritier de NY97) et une défiance amère à l'endroit des puissants étatiques d'un démonstratif et d'un didactique tels qu'ils se désamorcent illico, font que la production fait irrémédiablement pschiit.
Le geek indécrottable, ravi de se faire caresser ainsi le ventre et flatter la gorge (et j'en connais !), vous dira peut-être et pourtant tout le fun de l'affaire*, d'autant que le titre est en outre prodigue en complaisances (beaucoup de « blagues » à base de têtes coupées, par exemple) et autres gratuités gore (on est loin de la puissance abstraite qu'atteignaient celles d'un John Rambo, par exemple), et flatte toujours un peu le fan de tuning qui sommeille en chacun de nous (comme l'évoque B. de Multa Paucis, le film à ce titre est un piètre négatif du Boulevard de la Mort de Tarantino !)... un Z de première bourre en somme ! Mais s'il a les moyens financiers de dépasser ses prédécesseurs bensono-castellariens qui singeaient les œuvres majeures dans l'espoir d'en ramasser quelques miettes, le film de Marshall en a à peine plus de qualités formelles. Monté comme un énième opus du Transporteur, ne croyant jamais à son propos (ni à ses persos) à force d'envahissant hommage et de complicité forcée, le film ne prend jamais au sérieux la moindre de ses parties et gâche la plupart de ses atouts (Craig Conway, qui campe un Sol plein de "flippantes" promesses dignes d'un neo-Wez, finit par virer pathétique bouffon punkoïde et guère plus) et séquences (la poursuite tribal-punk est un pétard mouillé du plus navrant effet). Alors certes le spectacle est bien là, mais entre cliperie, fête foraine et videogame... le Cinéma qu'on trouvait chez les Maîtres ici salués a paradoxalement été oublié au passage...
Neil Marshall (2008)
* en même temps nous nous le sommes envoyé
sans grande difficulté !

25 juin 2009

Volt, Star Malgré Lui

Dans sa chronique lors de la sortie ciné, Vincent Avenel de Critikat.com pointait* que Volt était "un peu le croisement entre The Truman Show et Les Indestructibles – les recettes qui ont fait le charme de ce dernier film étant d’ailleurs pleinement utilisées. Ton cartoonesque, univers visuel stylisé très proche du film de Brad Bird… Mais n’est pas Pixar qui veut. De prime abord, les personnages sont bien écrits, prometteurs : le super-chien qui ignore qu’il n’a aucun pouvoir, la chatte des rues qui s’est construit une mafia de pigeons basée sur le deal « tu me nourris / je ne te mange pas », le hamster hyperactif téléphage… Mais là où Pixar parvient toujours à insuffler une humanité étonnante à ses protagonistes, Disney retombe vite dans la caricature. Volt devra comprendre qu’il est bon d’être normal, et pas seulement d’être un super chien ; la chatte Mittens va avouer que tout ce qui la tente, c’est la vie normale d’un chat domestiqué ; quant à Rhino le hamster, son côté absurde laissera bien vite place à une exaltation des valeurs de la famille et de l’amitié…".
Bien dit, tu l'as pas raté, mon toc-toc.
Il est surprenant en outre que, puisque Pixar a définitivement fusionné avec Disney, Lasseter persiste à vouloir faire vivre le studio "Animation 3D" de la Maison Mickey (responsable des très inégaux Chicken Little et Bienvenue chez les Robinsons et du calamiteux The Wild) plutôt que de consacrer toutes les énergies vers l'heureux laboratoire qui a vu naître Toy Story et Monstres & Cie. L'amalgame a d'ailleurs du coup innervé toute la promotion française du titre, donné pour le nouveau Pixar. Or il n'en est effectivement rien (et Avenel l'expose assez clairement).
Volt est donc, au-delà d'une hérésie linguistique pour la vente à l'international (le titre original, Bolt, signifie "éclair" et tout au long du film, vous êtes bons pour l'expliquer aux gosses, puisque les distributeurs français voulaient eux aussi, faire électriquement sens à tout prix !), une chose hybride, à l'arrière-train entre deux chaises.
Plastiquement honorable, voire davantage, rythmiquement souvent correct (exception faite de tout le final post-fourrière, catastrophique), soulevant des questions de bonne tenue (l'identité, la vie construite sur le mensonge, les arguments audimato-statistiques des executives télévisuels), le titre peine pourtant régulièrement, une fois son ouverture-uppercut passée (un prologue Indestructiblo-Bondesque fait pour en mettre plein la vue).
Alors à qui, à quoi la faute ? Le manque de charisme du clébard en titre ? L'embarrassant renoncement philosophique souligné par Critikat ? La sensation de déjà vu (multiples et flagrants emprunts aux prods 3D de ces 8 dernières années, (juste retour des choses ?) mais aussi motif du road movie (avec dessin sur carte !) un peu éculé)?
Un peu de tout ça, sans doute, mais dont on peine à motiver l'argumentation (à quoi bon les enfants ? Consacrons-nous à des choses nous exitant autrement !). Ce qui emportera tout de même Volt sur les sommets d'un panier mineur, celui rempli de choses tels Vaillant, Les Rebelles de la Forêt ou Nos Voisins les Hommes...
Mais à vaincre sans péril, cher toutou...
Chris Williams & Byron Howard (2008)


* en plus que WALL-E demeure
"la réputation la plus surévaluée de tous les films de la firme".

19 juin 2009

Morse

Tandis qu'on milleniumise à fond les ballons, qu'on toualaïte à peine moins, il est un grand petit film qui fait s'embrasser une scandinavitude à nulle autre pareille et une relecture toute contemporaine du mythe vampire qu'on semble avoir déjà oublié cinq mois après sa sortie française (déjà en retard d'un an sur le reste du monde !). Pire: vous ignoriez son existence, personne ne vous ayant vendu et revendu l'affaire, ni la liste des best-sellers de L'Express (d'ailleurs pas un éditeur français n'a cru bon de traduire Lindqvist !) ni le Top Three de Canal +, trop occupés à vous parler de ce que vous connaissez déjà ou devrez connaître à force de matraquage...
Bidibulle, émérite et mordante compétitrice de notre connaissance à tous (elle rafle partout ou elle passe ?!), baisse sa garde gameuse un instant pour chroniquer à notre place (réparer l'odieux manquement ?) un film (choc ?) promis à notre grand hall of fame made in Göteborg !

Je crois que mon intérêt pour les « non morts » s’est éveillé le jour où j’ai été si impressionnée par un acteur-vampire aperçu à la télévision par l’entrebâillement d’une porte (je sus plus tard qu’il s’agissait de Christopher Lee). Dés lors je n’eus de cesse de « dévorer » tout ce que la littérature ou le cinéma pouvait bien me délivrer sur le sujet.
Mais ces dernières années, le mythe s’est effondré. Ce n’était pas qu’une quelconque maturité m’ait enfin mis la main dessus, mais une sorte de dégoût prononcé pour les fioritures ; un ras le bol total pour les candélabres, les tentures de velours et les miroirs vénitiens: Trop de baroque tue le baroque, l’esthétique avait fini par bouffer le propos.
Et puis, Morse.
La Suède, la neige, le début des années 80 (c’est la BO, délicieuse, qui nous l’indique, dont le fameux Flash in the Night de Secret Service). De longs plans fixes sur les arbres, les HLM de la banlieue de Stockholm, une atmosphère cotonneuse aux couleurs glacées, bleu, marron, blanc, l’impression étrange que tout se fond dans la neige, même le sang. Enfin un film qui prend son temps.
Et pourtant tous les codes du film de vampires sont présents, à commencer par le titre « original », Let the Right One In, faisant allusion à l’obligation pour le vampire d’être invité à entrer ; le vampire sait voler, il brûle à la lumière, laisse deux trous dans la jugulaire de ses victimes… Alors qu’est-ce qui fait qu’on y croit ?
Tout cela ressemblerait à un conte si l’histoire n’était pas si profondément ancrée dans le réel.
Ici le vampire n’est pas un succube assoiffé de sexe et de sang mais une petite fille (ou pas) de 12 ans (depuis très longtemps), Eli, dont le vampirisme n’est pas perçu comme une malédiction mais comme une maladie.
Elle rencontre Oskar, autre enfant solitaire, victime assez consentante de trois bourreaux camarades de classe (ne cherchez pas d’enfant innocent, il n’y en a pas ici) et plus ou moins ignoré de ses parents divorcés (les adultes sont inexistants, réduits à une fonction nourricière dans tous les sens du terme)
De leurs deux solitudes va naître un amour platonique et irréversible, ils ne pourront plus vivre l’un sans l’autre. Il est toujours là le romantisme du vampire, emprunt d’une sensualité trouble.
Film sur l’enfance plus que film d’horreur (même si certaines scènes sont particulièrement violentes), conte initiatique et tragédie, Morse nous laisse un goût doux amer dans la gorge.
Bref c’est beau, doux, magnifiquement interprété, un de ces films qui donnent envie de tomber amoureux.
Alors qu’est-ce qu’on regrette ? On regrette le titre français qui évoque le moyen par lequel les deux enfants communiquent à travers le mur et qui est finalement assez anecdotique. On regrette aussi une scène où une des victimes d’Eli, en cours de transformation, se fait attaquer par une nuée de chats. Cette apparition soudaine d’effets spéciaux fait un peu tâche dans la justesse et la simplicité ambiante.
A part ça, moi je dis, il faut voir Morse, troisième long métrage du finlandais Tomas Alfredson, qui a raflé un nombre de prix considérable (dont le grand prix du festival de Gerardmer) mais qui ne fait pas partie de ces premiers de la classe qui énervent, bien au contraire. Tiré d’un best seller suédois dont l’auteur avait refusé plus de vingt fois l’adaptation jusqu’à sa rencontre avec le réalisateur, il fera bien évidemment, et c’est un peu triste, l’objet d’un remake américain déjà en préparation (Studios Hammer, bien sur…).
Tomas Alfredson (2008)

18 juin 2009

Appaloosa

COMING SOON

15 juin 2009

Morts Suspectes

Ainsi, à dix ans d'écart, Geneviève Bujold devait donc se trouver mêlée à deux cauchemars chirurgicaux...
Loin du fétichisme aussi envoûtant que dérangeant de Dead Ringers (Cronenberg, 1987), celui qu'elle subit chez Michael Crichton (s'inspirant d'un best seller de Robin Cook) relève davantage de la Pakulerie la plus contemporaine, du complot façon opaques multinationales le plus en vogue à l'époque (pensez au Traitement de Choc de Delon/Jessua !). Thriller d'abord foutument immersif et hyper-réaliste, il ne tarde pas à virer au cauchemar aussi aseptisé qu'anxiogène (on songe par fugaces et premiers instants à d'autres enfers féministement climatisés, tels ceux de Rosemary's Baby ou des Femmes de Stepford !), à une implacable course-poursuite à l'efficacité redoutable, ses effets étant appuyés par une BO arrivant soudainement (quasiment pas de musique lors des 50 premières minutes) et des efforts plastiques notables tant dans la réalisation (mouvements et axes d'appareil rompant spectaculairement avec la forme très classique, voire ouvertement télévisuelle, de la première moitié de métrage*) que dans la topographie et les décors (on se retrouve soudain dans un surréalisme industriel, faits de cuves et de canalisations, d'échelles et de bâtiments improbables (l'Institut Jefferson**), et on joue avec la dimension et les ressources assez terrifiantes d'un hôpital désert) et les dispositifs (la salle des corps flottants étant une acmé visuelle à la résonance durable, (que salope d''ailleurs une affiche par trop spoilante !) mais la séquence du Dr Wheeler se défaisant de son traqueur en le faisant crouler sous une flopée de cadavres décrochés du frigo vaut aussi son pesant de monoxyde de carbone).
Sans doute tient-on là, avec ce film d'anticipation volontiers angoissant (et visionnaire ?), le meilleur des techno-thrillers crichtoniens***, certes déjà plein de ses manières (celles-là même évoquées ici, à commencer par la rupture rythmique faisant un peu oublier les vues et ambiances initiales au profit d'un entertaining délibérément priapique et le grand discours du villain en chef (là Widmark, Coburn ailleurs)), mais aussi peut-être le moins ambitieux. Le plus resserré à tout le moins (il a le mérite de ne courir qu'un cheval anabolisé, celui de l'éthique médicale (ici le trafic d'organes cliniquement et occidentalement organisé, mais aussi une réflexion sur l'avortement et l'euthanasie)). Mais cette économie thématique ne serait-elle pas précisément la clé ? Hein, Michael ?****
Michael Crichton (1978)

* exception faite de l'ahurissante et réjouissante (de mauvais goût)
séquence de la conversation entre légistes,
tandis qu'ils découpent une cervelle à la trancheuse à jambon !

** en réalité un bâtiment de la Xerox !

*** malgré l'irritant du tandem Bujold-Douglas,
assez pénible (elle surtout !).

**** il ne répondra pas:
il renonça au cinoche en 89
et vient de calancher en novembre dernier !


11 juin 2009

Looker

Difficile de saisir pourquoi les distributeurs français tardèrent tant (3 ans presque !) à proposer la nouvelle et anxiogène techno-réflexion de Michael Crichton, authentique chaînon manquant entre les grands spectacles paranoïaques 70's (type Soleil Vert ou Rollerball), le fétichisme 80's de quelques esprits bienheureusement tordus (façon dePalma ou Cronenberg, qu'il préfigure presque (au moins Dead Zone et Videodrome)) et la prise de pouls techno-contemporaine (genre Tron). Ainsi après son parc d'attraction cybernétique décadent (in Mondwest), l'auteur se penche sur le cas de la publicité et de la propagande qu'il nourrit ici de subliminal et d'hypnose, qu'il soutient par l'imagerie de synthèse naissante et manipulatrice, et qu'il dénonce avec un certain sens visuel (l'ouverture du film et le tunnel explicatif central sont assez grisant plastiquement).
Pourtant, choisissant la forme d'un thriller haletant (dans lequel Albert Finney n'est physiquement pas crédible une seule seconde !) et volontiers confus sinon franchement bordélique (difficile d'en consciencieusement suivre la trame) héritée des grands classiques du genre (toute la veine post-North by Norwest, de Bullitt à Marathon Man), Crichton éparpille son propos et sa charge, multipliant les pistes de réflexions et de thématiques (on oublie en route les fumeux enjeux originels à propos de l'apparence physique, la philosophie de l'entreprise est volontiers élastique et s'avère volontiers sacrifiée au rythme et au timing), finit par perdre un fil qu'il égare plus encore lors d'une dernière demie-heure péniblement répétitive (quatre fois le même procédé dans quatre lieux différents !), articulée avec le plus parfait grotesque (on n'hésite pas à conclure les séquences par des dialogues calamiteux et démissionnaires tels j'ai réussi à l'avoir... ouais j'l'ai mis hors de combat, maint'nant allons-nous en ! ou tirons nous d'là, on a la fille !), et multipliant inutilement les registres (le comique volontaire « des protagonistes se flinguant dans les pubs pour céréales »).
On se plaît à imaginer le vrai bon film qui aurait pu être tiré d'un script de ce tonneau, l'univers étant pour le moins efficace et fascinant... mais trop de défauts minent finalement la production (vraiment correcte sur ses trois premiers quarts d'heure tout de même): gadgeteries vaines (le bide complet du pistolet Looker, surexpliqué, surexploité mais de manière absolument gratuite), procédés retrospectivement faiblards (user d'une star à cheveux blanchies pour camper le villain (Coburn ici, Widmark ailleurs), tueur stalkerisant (la pugnace main armée moustachue au service de l'odieuse multinationale semble n'être qu'un brouillon du personnage de Gene Simmons dans Runaway) et autres tics...
Reste cependant qu'à défaut de vrais bons films, le potentiel quadriptyque conçu par Michael Crichton entre 73 et 84 (Morts Suspectes – Mondwest – Looker – Runaway) constitue un regard intéressant sur les applications cyber les plus dévoyées qui soient, quand bien même est-il régulièrement rattrapé par les lois de genre dont l'auteur ne parviendra jamais à s'affranchir pour livrer un vrai grand film de SF.
Michael Crichton (1981)

10 juin 2009

Bonjour les Vacances

Brièvement évoqué lors de l'article « My Brother and I » sur seurtine, le film de Ramis l'était en son illustre qualité de comédie culte de notre bon ami Krapulax adolescent, tandis que nous lui opposions, nous autres, l'autrement plus happyfewo-psychotronesque Mort sur le Gril de Sam Raimi.
Cette question de comédie culte nous occupait diablement sans pour autant n'en avoir jamais établi les règles et conditions (nous nous trouvions alors en ère véhachesque et préweb bien sûr et l'accès à la crème alter-cinéphile était pour le moins malaisé, peu guidé et ouvertement compliqué en outre par les éditeurs vidéos bonnimentant comme les escrocs dentaires du fameux adage) et il me semble a bigre posteriori pouvoir en établir certaines, demeurant valide pour définir les cultes contemporains (et contredire quelques contre-emplois de ce terme foutument galvaudé).
Ne pas être un vaste succès populaire chez soi (exit Visiteurs et Ch'tis) et, mieux, être le plus confidentiel possible (Mort sur le Gril demeurant par exemple à ce jour le moins connu, à tout le moins le moins vu des films de Sam Raimi) nous apparaît comme la première et indiscutables des priorités.
Être hautement identifiable, par des partis pris formels, de tonalité, de sujet, de situation ou de dialogues (la punchline ou le gimmick sont souvent de mise en ce qui concerne les comédies) nous semble également assez impératif (même si cette dernière « clé » peut se montrer assez souple et fournir des alibis aux œuvres les plus hors sujet).
L'histoire personnelle, hautement subjective donc, que l'on entretient avec l'œuvre enfin y portant un sel rigoureusement indispensable (sans doute d'autres arguments pourraient être avancés mais que chacun se rapporte au préambule du Petit Livre des Films Cultes de Christophe Goffette pour y trouver un compte que nous ne saurions vous offrir ici gratuitement !).

Lorsque Krapulax m'opposait Bonjour les Vacances à Mort sur le Gril, je lui riais, du haut de mes 17 ans, au nez. Recta.
Pourtant les outrances d'un autre sommet culto-cartoonesque façon Raimi (il n'y est d'ailleurs pas pour rien !) fraîchement vu alors, Arizona Jr des Coen bros, n'étaient pas toujours si éloignées de certaines séquences du Ramis incriminé (surtout le passage familial avec Randy Quaid)... mais l'americanitude appuyée du script de John Hugues (béni réal des meilleures teen comedies des 80's mais je l'ignorais crassement alors) me tint en (bref) temps à distance (tandis qu'elle ne m'embarrassait pas autant, moins prégnante peut-être, dans Cannonball 2, titre entretenant à sa singulière et motorisée manière quelques correspondances avec BLV, à commencer par le gros point faible des deux entreprises: une arythmie patente entre les différents tableaux de la road-dramaturgie !), que le mauvais goût régulier du voyage (équivoques sexuelles, drogue, vannes anti-vieux, trasheries clébardes, morbide régulier...) ne tarda pas à bienheureusement gommer.
Comédie de mœurs (qui engendrera une improbable et laborieuse séquelle européenne * avec le pythonien Eric Idle et... Victor Lanoux !) assez symptomatique de l'esprit radiophonique puis éditorial du collectif National Lampoon's (que Ramis amènera jusqu'à sa forme cinématographique en rédigeant le script d'American College) offrant un joli panel de marge américaine (beaufs en caravanes, rednecks congénitaux, tontons fauchés et exagérément reproducteurs, racaille dépouillante,...), de situations courageusement too much et de rêve consumériste parcostandardisé (Disneyworld refusera d'ailleurs d'être ouvertement impliqué (mais le patron de WalleyWorld dans le film est un patent mix entre Roy et Walt Disney !) !), Bonjour les Vacances vaut bien mieux que les a prori qu'il pourrait susciter au préalable...
Edisdead le suspectant d'ailleurs dans sa mensuelle note commémorative, dans un bénéfice du doute aussi magnanimement talentueux que confraternellement visionnaire ! Bravo l'artisse.
Harold Ramis (1983)

09 juin 2009

La Ferme se Rebelle

Ou comment, 67 ans après Blanche Neige, l'aventure du dessin animé en 2D made in Disney, sortit par la petite porte... Engrangeant en France six fois moins que (le pourtant faiblard) Frère des Ours et seize fois moins que Nemo, ce titre hybride, plastiquement et philosophiquement paumé (en rupture avec l'ambition de prods telles La Planète au Trésor ou Atlantide, définitivement plus en prise avec les grandes heures 89-98 (la décennie du réveil après la traversée du désert des 80's), la Maison Mickey tente de recoller à l'honorable mood en cours chez Kuzco (pompant sévère les cartoons hystéros et post-modernes de Chuck Jones et Tex Avery)) lorgne tous azimuts, post-modernisant un max façon Shrek, hystérisant sans cesse à la mode Age de Glace et surmultipliant les pastiches spaghettis brodés de références ouésterneuses. Outre ce confus positionnement, l'affaire ne brille ni par sa partition (Menken dans un mauvais jour) ni par son rythme hasardeux. Seuls les fondamentaux disneyens font tenir la baraque un tant soit peu debout: vilain de légende (le yodler rouquemoute Alameda Slim que campe en VO le souvent impayable Randy Quaid) et sous-fifres drôlement incompétents (les frères Trouillards), seconds couteaux efficaces (Jeb le bouc, Buck le ch'val et Wesley, vil équivalent du fumier cocher de Pinocchio (tenu par le culte Steve Buscemi))... et épars moments de bravoure (générique, bagarre au saloon, poursuite dans la mine)...
Rien de suffisant cependant, la Maison mère n'y croyant même plus elle-même (distribution calamiteuse, impatience à se lancer corps et âme dans la 3D)) et ayant d'autres chats à fouetter (Roy Disney (vrai neveu de l'Oncle Walt !) rend les gants et Michael Eisner échappe de peu, malgré les chiffres redressés, au pilori des actionnaires pour haute trahison de l'héritage WD).
Plus anecdotique qu'ouvertement historique, ce chant du cygne en Grand Ouest, sans être une franche eau de boudin n'aura rien non plus d'une revigorante eau de feu, d'un bouquet final digne de ce nom... La petite porte, qu'on vous dit !
Will Finn & John Sanford (2004)

08 juin 2009

Sideways

C'est au tour de l'enthousiaste Sonic Eric de se plier à l'exercice de la critique chez autrui. Après Coolbeans, Vincent, Krapulax et Tepepa, le voici qui nous entretient succinctement de Sideways, tandis qu'il sortait tout juste d'une salle rochelaise. Le texte n'a pas été corrigé ni nuancé depuis, pourtant l'auteur semble avoir un peu bougé en regard de la production. Hélas il n'a pas eu le temps ou le courage de réévaluer l'affaire, la suspectant cependant supérieure à son avis à chaud... Louons d'un même élan dés lors son honnêteté et le risque approximatif encouru, mes frères...

Pas mieux filmé qu'un téléfilm, avec des couleurs qui feraient passer les pubs "Hollywood Chewing gum" pour des trailers de Mulholland Drive, un scénario si prévisible qu'on devine chaque situation rien qu'en fermant les yeux et une muzak inane (dieu sait que je suis pourtant un expert) dont même Russ Meyer n'aurait pas voulu pour Megavixens, Sideways semblait mal barré pour allécher le cinéphile en mal de sensations fortes. D'autant plus que l'argument oenophile fait long feu lorsqu'on mate la couleur frelatée de la plupart des crus que se tapent les acteurs. Mais heureusement, il y a Paul Giamatti.
Déjà repéré dans Storytelling et American Splendor, le bougre assure le service après-vente à lui tout seul. A peine plus sexy que Robert Crumb, moins déplumé que votre serviteur, souvent plus déprimé que Woody Allen mais infiniment plus drôle que Droopy, il donne le la pour toutes les prestations de losers passées, présentes et à venir. Sempiternellement le nez dans ses chaussettes, une voix de fausset désaccordée et deux gros yeux de mérous sous Xanax, il est l'anti-héros que se cherchait le cinéma américain depuis Hollywood Ending. On rêve de le voir maintenant dirigé par un vrai bon (Allen ? Les frères Coen ? Anderson ?) et non un anonyme tâcheron tout juste bon à diriger la troisième équipe sur K 2000.
Alexander Payne (2005)